DEFI MODE CLASSIQUE

Bienvenue en enfer...

 

 

Le week End tant attendu est enfin arrivé ; nous partons chercher le soleil dans le Cantal (15) pour le dernier grand raid VTT inscrit au programme de notre saison, la DEFI MODE CLASSIQUE.

Samedi 2 octobre, 8h45, je retrouve trois autres membres du club au local de Neauphle-le-Château ou nous chargeons les spads et les sacs dans nos breaks.
Direction Massiac via l'autoroute du Massif Central.
Le temps est très couvert sur la région parisienne.
Les 470km du trajet Neauphle->Massiac seront parcourus tranquillement en quatre heures, avec quelques petites averses en début de voyage. Les trois autres membres du club devant faire le voyage l'après-midi auront moins de chance en essuyant de grosses pluies jusqu'a Vierzon.

Le moral de la troupe remonte lorsque nous nous rapprochons du massif central, le ciel étant presque dégagé et le soleil au rendez-vous par moment.
Au passage, nous regardons les terrains traversés ; ils ont l'air sec. TOP : on va peut être pouvoir rouler dans de bonnes conditions.
Arrivée vers 13h30 au Grand Hôtel de La Poste situé dans la rue principale de Massiac.
Quelques voitures surmontées d'engin à deux roues à pneu bien cramponné aux couleurs salamandre peuplent déjà le parking de l'hôtel.
Un petit tour en ville pour dégotter la Pizzeria locale ou nous allons enfourner notre première ration de sucres lents puis direction l'aire de départ au gymnase pour retirer nos plaques et le tee-shirt DEFI MODE Classique.

Cette année, SECIALIZED est partenaire de l'épreuve et a dépêché un Team. EGS est aussi de la partie puisqu'un podium est installé dans la grande salle pour que Bruno JANIN, super trialiste, puisse y faire une exhibition le lendemain.
Innovation cette année puisqu'un système d'identification électronique individuel sera utilisé (comme a la FreeRaid de VTT MAG) pour gérer automatiquement le classement. Chaque participant doit attacher un bracelet à sa cheville gauche. Lorsqu'il passe sur un tapis magnétique, une voie synthétique annonce son nom et son prénom. TOP ; vive l'an 2000.

Après avoir effectué notre enregistrement, direction le château d'Aurouze où je montre aux nouveaux le portage qu'ils devront affronter le lendemain.
L'année dernière, un bouchon de 30 minutes s'étant formé au pied de la petite colline du château, l'organisation a mis en place cette année un itinéraire de délestage permettant aux participants pressés de contourner cette difficulté en remontant par un chemin.
Le terrain est bien sec.

Chateau d'Aurouze (16ko)

Ensuite, retour a l'hôtel ou chacun va préparer ses petites affaires, se reposer un peu ou bien effectuer les derniers réglages sur son spad.
Python Tubeless ou Wildgripper a gros crampons pour la boue ? Après un petit interview du motard de l'hôtel, je retire les Tubeless montés sur mes nouvelles CrossMax II pour monter les Wildgripper Lite S, arme imparable pour terrains gras. On est au pays de MICHELIN et ils ont l'expérience de la boue !
Ayant participé l'an passé a la première édition de la DEFI MODE, j'ai déjà une bonne expérience des passages en sous-bois bien boueux et des longues montées collantes. Il vaut mieux assurer. Choix judicieux comme vous allez pouvoir le constater bientôt...

Rendez-vous 19h30 au resto de l'hôtel ou toute l'équipe se retrouve attablée autour du poulet/pates.
Ensuite, direction les chambres pour un gros dodo, la journée prochaine s'annonçant plutôt fatigante...
Dimanche 3 octobre, 4h du mat' j'ai pas de frisson mais un bruit continu, perçu par la fenêtre laissée entrouverte, m'inquiète. Il commence à pleuvoir !!!
D'abord par petites averses de petites pluies puis par grosses gouttes et précipitations prolongées. Me....
Je me rendors. Réveille à 6h30 par les bips du réveil du portable suivis par ceux de la montre (deux réveils valent mieux qu'un, au cas ou ...).
Toilette, petit déjeuner - pas faim difficile d'avaler quelque chose – Il pleut encore !
Alors tu t'habilles comment aujourd'hui me demande Jean-Claude ? Court ou long ? Chaud ou froid ?
Mon expérience des Grands raids m'aide à adopter la tenue adéquate pour la journée : tee-shirt DAMAR contre le froid et l'humidité + maillot club manches courtes + manchettes + cuissard court + un coupe-vent imperméable mais respirant par-dessus le tout. Au cas ou le soleil reviendrait...j'aurais juste à enlever le coupe-vent et les manchettes.
Les poches bourrées de barres énergétiques, de tubes de sucres rapides, d'une chambre à air de secours (la seconde dans le CamelBak) je prends mon équipement casque/lunettes claires/gants longs puis je retrouve les autres en bas pour sortir les spads des voitures. Il pleut toujours ! C'est pas la grande motivation. Certains restent abrité en essayant de trouver une éclaircie dans ce ciel tout gris.
Pas de gros échauffement ce matin ; le départ étant à 9heures, on se pointe directement sur la ligne de départ ou le speaker agresse son micro.

9h08, départ. Enfin ! La horde des vététistes s'élance. Elle remonte une portion de route en pente sur 3km afin que chacun puisse trouver sa place en évitant l'engorgement du départ de l'an passé.

Sur le plateau, les bas cotés du chemin se remplissent de Vététistes - transformés en étuve roulante - en train d'enlever leur Kway.
Ensuite, la journée est une succession de montées bien raides et bien longues, de descentes en lacets techniques parsemées de pierres et racines glissantes, de descentes rapides, de portages longs et raides, de passage de gués ( brr!!! ).

Les quelques portions de plat sur les plateaux permettent un peu de respirer et de se ravitailler tout en profitant de belles vues sur le paysage de la région.
Nombreux ravitaillements copieux dans les villages traversés ou la population regarde passer tous ces tas de boue roulant. Les postes de lavage disposés tout au long du parcours sont les bienvenues car la transmission souffre. La chaîne ayant souvent une fâcheuse tendance à se bloquer sur le petit plateau dès que la pente oblige à forcer sur les pédales.
Les premiers abandons, morales et mécaniques, surviennent dès le 25ème kilomètre. Ils vont se succéder tout au long de la journée. Cette épreuve est vraiment très dure et une excellente condition physique est indispensable si l'on souhaite terminer les 90 km et 2910m du parcours.
Dans un village, au environ du kilomètre 40, passage sur le tapis magnétique pour un premier pointage. La voix électronique annonce "Jean-Marc LEMAIRE, 112ème". Pas mal pour le moment. J'ai pas encore les grosses cuisses et j'arrive encore à monter toutes les bosses sur le spad.
La pluie s'est arrêtée.
Premier OTB dans une descente un peu grasse avec arrivée du bras sur la seule pierre qui traîne dans le coin ! Pas de casse, ca repart.
Montées, descentes, gués se succèdent. Les patins de freins commencent à fondre comme neige au soleil !

Merci le spad T.S ; Longues descentes rapides à fond sans toucher aux freins ou je double des vététistes en rigide ou peu habitués aux descentes.
Je rattrape de nombreux vététistes traînant leur spad - alourdi par la boue - dans les montées où ils posent le pied par terre démotivés ou fatigués par tant de dénivelé.
La longue montée du dernier col sape le moral; depuis le pied de la colline, on peut observer les casques montant lentement tout au long des lacets menant au sommet.
Ensuite, un long faux plat ramène sur le plateau ou est situé le dernier ravito ou un bénévole m'annonce qu'il ne reste plus que 8km de descente. Mon expérience du final de l'édition de l'an passé modère mon ardeur à passer la plaque car j'ai souvenir d'une petite bosse bien cassante sur le goudron. En effet, après un début de descente, le tracé passe sur un pont placé au-dessus de la nationale avant de déboucher sur la portion de goudron montante. Cette dernière difficulté absorbée plateau milieu, la descente va pouvoir commencer.
Plus de poursuivant visible.
Un petit chemin étroit et très technique parsemé de pierres glissantes longe une petite chapelle avant de plonger vers MASSIAC. Je commence à avoir mal au bras.
Ce qu'il reste des patins de freins ne n'empêche pas de placer un second OTB dans un petit virage serré ou la roue avant se place à angle droit. Mon genou heurte une pierre qui se balade toute seule au milieu du chemin. Pas de casse, un peu endolori plus une simple éraflure au genou. Ca repart, derniers passages de marches un peu acrobatiques puis enfin du plat.

Je reconnais la fin du parcours ; traversée d'un champ, portion de route, petit pont, large chemin puis dernière ligne droite sur le goudron négociée sur la plaque 44/11 pour le plaisir car je n'ai plus de poursuivant depuis un bon moment. Enfin l'arche gonflable annonce l'arrivée ou la foule applaudit l'arrivée d’un nouveau finisher des 90 km après 7h34 passé sur la selle.

Jean-Claude, Fred et Philippe sont déjà là, suite a des problèmes mécaniques ils ont du abandonner.
Un coup de jet sur le vélo puis direction la douche tant attendue !
Le soir un bon petit gueuleton à l'hôtel, afin de récupérer de cette dure journée, puis direction gros dodo. Retour le lendemain sur Paris et sa grisaille.

Ainsi s'achève le dernier Week End de notre saison de vadrouille VTTesque à parcourir les chemins de notre beau pays.

La boue ca suffit! Vive le vélo de route pour tout l'hiver et à l'an prochain pour la prochaine édition de la DEFI MODE CLASSIQUE qui devrait avoir lieu en juin sous le soleil !

PEDALATOR

Le profil du grand parcours

proifil de la DefiMode 1999 (8ko)

 

  Fichiers données :
        Fichier POLAR XTRAINER+ :  defimode.hrm     altitude +/- 5m   interval 15sec.


Quelques vues des environs de Massiac où le terrain n'est pas plat...

(36ko)

(35ko)

(29ko)


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