Au pays du single single-track
Le premier week end de vrai VTT est enfin arrivé ! Après de longs mois d'hiver consacrés aux entraînements sur route (le VTT et son pilote n'étant pas amateur des bains de boue de la région parisienne) et d'une petite remise en jambe de printemps effectuée lors de deux rando et d'une compét' VTT (histoire de tester la forme qui semble être au beau fixe puisque je m'y classe 15ème), l'envie d'avaler du km et du dénivellé, sur un terrain sec, commençait à me démanger sérieusement les crampons. Nico, l'homme au Rocky Mountain rencontré sur les sentiers d'une Piste Aveyronnaise, m'ayant communiqué son intention de participer avec son pote Philippe le Rouennais à 'La Buiscyclette', me donna l'envie de jeter un coup d'oeil sur le site WEB de l'organisateur, histoire d'avoir une petite idée sur le menu. Plusieurs parcours étaient proposés pour cette rando VTT dont un de 80km offrants 2600m de dénivellé positif portant la mention 'Très, très difficile'. Ma décision ne fut pas longue à prendre et le soir même mon bulletin d'inscription était posté et ma chambre réservée dans le même hôtel que Nico, à Vaison-la-Romaine (vous savez le pont ). Cette grosse sortie sera une très bonne occasion pour tester toutes les évolutions apportées à ma monture et me préparer à tous les raids et rando longues distances planifiés sur mon callepin 2000 (les 115km de la Sésame VTT, les 3 jours de la Piste Aveyronnaise, les 100km boeux du Tour de Rouen, les 105km du Raid Imperial Compiegnois, les 110km de la Ronde des Puys, l'extrème de la VTTtîcîme, les 100km du Tour du Sancy, les 100km de la Forestière, les 90km de la DEFI MODE et le ROC. Y'a plus le Cristalp car dur, dur).
Venddredi 5 mai : L'après-midi (merci les 35 heures) est consacré à la préparation de ma monture et de mon équipement. Vérification du serrage des différents composants, graissage, un pt'i coup d'huile sur la chaîne et les dérailleurs, pression des pneumatiques - je vais tester pour la première fois en longue distance les Comp S du Bibendum en version Tubeless. Préparation du ravitaillement, élément à ne pas négliger sur longue distance, puis le sac où j'enfourne casque, gants, chaussures, une tenue d'été, une de mi-saison (on ne sait jamais ), un coupe-vent imperméable et l'indispensable pour les régions du sud ; le short, le tee-shirt et les lunettes de soleil. Une petite polaire vient compléter le tout. Un repas de sucres lents (mon régime durant trois jours avant toute longue distance) et hop ! au dodo.
Samedi 6 mai : Le rendez-vous ayant été fixé à 9h30 à Velizy, j'arrive chez Nico vers 9h15 en même temps que Philippe. Nous ferons le trajet avec le break 240 VOLVO (dont le compteur de ce carrosse à essence passera allègrement les 230 000 km durant le w.e.) de l'ami Nico. Les bagages et les trois spads rentrent à l'aise dans la voiture. En avant vers de nouvelles Aventures ! Le Claude, nouvelle recrue de mon club rencontrée sur la Piste Aveyronnaise, nous rejoindra sur place par le train. Sur l'A6, les Parisiens fuient la capitale en profitant de ce week end prolongé de trois jours. Le soleil est au rendez-vous tout au long du trajet, à l'exception d'une courte bande orageuse au mileu de la France, permettant ainsi au pare-brise de se refaire une beauté après les multiples aggressions des petits insectes attirés par tous les champs en fleurs de notre belle campagne. Petite halte au resto vers 13h pour se dégourdir les jambes et s'alimenter un peu. Non, philippe; les frites c'est pas bon pour ce que tu vas faire. Le riz est plus approprié. Et la tarte aux fraises, j'y ai droit ? Le trio remonte en carrosse et retourne sur le ruban de bitume. Lyon et son tunnel puis Montélimar, où je vais revenir le week end suivant avec neuf autres Biker's de mon club pour la Sésame VTT, puis nous quittons l'autoroute direction Nyons pour rejoindre ensuite Buis-les-Baronnies après 7h30 de voiture. L'organisation se met progressivement en place sur la place du village de Buis où allons retirer nos plaques de cadre. Déjà 280 inscrits pour le parcours des 80km et 540 sur celui de 55km. Nous remontons dans la voiture, direction Vaison-la-Romaine situé à une vingtaine de kilomètres. Notre hôtel, le Théatre Romain, se trouve face aux ruines romaines. Après avoir déchargé la voiture et pris possession de nos chambres, nous nous retrouvons à la terrase d'en face. Blip ! Le portable sonne. C'est Claude qui est arrivé - à sa manière - au camping de Buis-les-Baronnies et m'annonce qu'il est cuit, après avoir fait 60km sur son VTT avec un sac à dos de 20kg ! L'animal est descendu en train jusqu'à Montélimar puis après un court voyage en car jusqu'à Nyons, il a préféré suivre le GR (celà semblait plus court sur la carte ) sur son fidèle destrier plutôt que suivre tranquillement la route. Le problème, c'est que le pays n'est vraiment pas plat et notre joyeux luron s'est tapé deux cols. Tu m'étonnes ! Le pire c'est que notre lascar est un habitué de ce type de situation puisque lors de la dernière piste Aveyronnaise il est monté en VTT avec son sac à dos jusqu'à Aubrac. Nous donnons rendez-vous à notre Claude le lendemain au départ puis notre trio va faire un petit tour en ville pour voir les ruines romaines et le pont restauré (emporté par la crue de 1992) avant de retourner à l'hôtel où les ravioles au fromage nous attendent. Le dîner terminé, direction le dodo car une rude journée nous attend demain. En plus il va falloir se lever à 5h15 ! La fatigue du voyage aidant, je sombre rapidement dans le soleil.
Dimanche 7 mai : Bip-bip ! Bip-Bip ! Debout mon gars ! Il est 5h15 faut se lever. Douche, enfilage de la tenue qui va bien; manches courtes coolmax et cuissard court pour cette belle journée. Petit déjeuner énergétique pris sur le pouce dans la chambre, le personnel de l'hôtel n'étant pas encore levé à cette heure, puis je descends rejoindre mes lascars pour charger nos spads dans le break. Nous prenons ensuite la direction de Buis-les-Baronnies. Sur la route, quelques vététistes s'échauffent en ralliant en vélo l'aire de départ. Au moment de ranger notre voiture sur le parking, nous tombons sur Bernard Darden, un très bon compétiteur rencontré sur les éditions précédentes de la Piste Aveyronnaise. Il est courant de retrouver lors de tous ces raids et épreuves longues distances les mêmes passionnés de VTT qui n'hésitent pas à faire des centaines de kilomètres pour s'empiffrer de kilomètres, de dénivellé et de beaux paysages. Nico s'affaire sur sa monture. Elle n'est pas un peu dure ta fourche ? Un petit coup de réglage, de l'huile, on vérifie le serrage des manivelles et direction le départ. Je me glisse dans le paquet de tête, histoire d'éviter un éventuel bouchon. Remise à zéro du compteur, et initialisation du POLAR à 460m, altitude de Buis. C'est le départ ! Le troupeau traverse la ville derrière la voiture ouvreuse qui s'efface à l'entrée d'une piste large. Les fauves sont lâchés ! Ca part très, très cool. On voit que c'est une rando et que la distance et la difficulté du parcours modère les ardeurs. Nous montons très progressivement par un chemin large pendant quelques kilomètres, ce qui est parfait pour s'échauffer en douceur. Mon coupe-vent modèle protège-moi-d'la-frâicheur-du-matin commence à être superflu et je m'arrête quelques secondes au pied du premier passage prépare-ton-petit-plateau pour le mettre dans mon ChameauBak. Je repars et 100m plus loin une petite difficulté regroupe les premiers clients du j'monte-à-pied. Après avoir passé le virage un peu encombré et marché quelques mètres je remonte sur mon fidèle destrier pour ne plus poser le pied avant quelques kilomètres. La montée s'effectue dans un single track encaissé et parsemé de cailloux, puis toujours en single track à flancs de colline, avec une très belle vue sur le paysage. Quelques petits passages où l'on doit éviter d'envoyer sa roue à droite du chemin si l'on veut éviter une belle descente et après 13km de montée et une belle descente dans un superbe single track, le premier ravito pointe le bout de son nez. Accueille symptahique, table copieusement fournie, voilà encore une belle organisation. En plus des bananes, oranges, kiwi, pain d'épices et autres raisins secs, les spécialités locales fleurissent la table ; du rouge, du saucisson et des olives ! Je ne m'attarde pas trop, histoire de ne pas trop se refroidir puis je repars avec Claude que j'ai retrouvé au ravito. En partant, je tombe sur " l'ermite ", un autre habitué du newsgroup VTT. Nous cheminons un temps sur des pistes larges au travers de très nombreux single-track dont un où l'on passe entre deux murs de genets arrivant au-dessus du casque. Superbe. Nous avons déjà dépassé l'altitude 1000m et la montée se poursuit jusqu'à 1150m où le ravito suivant nous tend les bras avant d'attaquer la descente. Du cailloux, du single track, du technique et trois passages bien chaud où je préfère descendre quelques mètres à pied plutôt qu'en vol plané. Quelques habitués de la région réussissent à passer sans problèmes ces difficultés. L'ermite en profite pour me passer devant, sur son spad lui aussi. L'avait raison dans son dernier post sur le newsgroup où il écrivait qu'il me taxerait dans les descentes avant que je lui repasse devant dans les montées, scénario qui s'est déroulé de cette manière une bonne partie de la rando avant que je ne creuse l'écart, les montées étant plus nombreuses et longues que les descentes. Si toutes les descentes sont du même genre, ça promet ! ! ! Nous cheminons sur quelques pistes larges qui nous rapprochent du Mont ventoux, dont on peut apercevoir le sommet tout pelé, puis au travers de très nombreux single-track dont un très étroit en dévers serpentant au ras d'une bonne pente içi c'est concentration maximum, l'écart n'est pas recommandé. En plus ça dure longtemps, mais c'est génial. Claude nous tente une figure et trouve un petit arbuste pour lui éviter une dégringolade plus sévère. Non, Claude. Il ne faut pas descendre de son VTT du coté du précipice !
Une longue montée de plusieurs kilomètres (où le tube de sucre rapide sera le bienvenu sur la fin pour me soutenir durant un coup-de-pas-bien) nous permet d'atteindre le Col Nul, après une belle partie de tout-à-gauche où je remonte lentement la procession ininterrompue de vététistes - peu habitués ou mal préparé à ce type d'effort poussant péniblement leur monture - et dans laquelle nous apprécions Claude et moi le courage et la force de carctère de charmantes demoiselles qui monte sur le vélo. C'est le point culminant de la rando autour des 1400m d'altitude. Une belle descente technique nous récompense par un long single track technique bourré de pierres, peu apprécié par Claude, où quelques panneaux 'Danger' fleurrissent ça et là pour cause de rassemblement de pierres(mais rien a coté d'une descente de la Piste Aveyronnaise !). Je rattrape quelques vététistes, à pieds dans certains passages un peu chauds, qui me laissents passer très gentiment. Un vététiste plus téméraire crève juste devant moi et se retrouve complètement à plat en quelques secondes. Il faut dire que les pierres de la région sont particulièrement aggressives et nombreuses. J'espère que je n'aurais pas à expérimenter la réparation d'un Tubeless. Pour le moment ça se passe très bien, confort et motricité sont au rendez-vous. La descente mène au ravitaillement de Ferrassières où l'accueille est bien sympathique. Des panneaux y regroupent des articles et photographies des activités locales dont la lavande et les olives sont des spécialités. L'odeur de lavande envahie les chemins traversant les exploitations de cette petite fleur bleue. Après quelques minutes d'arrêt je repars avec Claude, arrivé quelques instants après moi. La descente se poursuit, plus cool, sur des chemins rapides puis par un long et superbe single track serpentant entre les arbres en sous bois où l'on ne cesse de balancer le vélo de gauche à droite pour éviter d'accrocher les cornes du cintre au passage. Un vrai régal ! Avant dernier ravito au village de MontBrun-les-bains où l'on doit remonter un escalier de pierres puis descendre son homologue pour ressortir du village. Une dernière longue montée de 10km nous mène au Col de la Geine pour un dernier ravito. Le petit crachin intermittent qui nous accompagne maintenant depuis 5km nous fait activer le départ. La pluie, peu intense, commence réellement lorsque nous basculons du sommet de la Nible vers la toute dernière descente. Doucement, car la première pluie sur les pierres lisses et la terre du sentier en single track ne font pas bon ménage avec les pneumatiques. Je dépasse un bon nombre de vététistes qui préfèrent descendre à pied et largue Claude dans la descente. Nico, peu amateur de boue, préfèrera éviter la fin du parcours en rentrant par la route. Je boucle mes 80km et 2590m de dénivellé en 6h22. Nous recevons un tee-shirt à l'arrivée. J'attends Claude puis direction le camping local pour une bonne douche. Nico étant arrivé, nous prenons nos plateaux repas en attendant Philippe. Les vététistes arrivent en chapelet, de plus en plus sales car ils roulent sous la pluie depuis plus longtemps que nous (Bernard est déjà arrivé et reparti depuis longtemps et ne l'a sûrement pas goutée). Enfin Philippe arrive 20 minutes après moi. Nous retournons sur Vaison-la-Romaine pour se changer et déposer les spads avant de revenir en soirée retrouver Claude à Buis pour s'offrir un gueuleton réparateur. Nous le retrouvons en train de finir les plateaux repas en rabe avec ses voisins de camping, le tout arrosé par le picrate local dont il a acheté un carton. Après un petit verre d'apéro nous terminons la soirée au resto. Le petit village est redevenu plus calme. En résumé, un très beau parcours bien balisé et organisé que je mettrais au programme du club l'an prochain. Les absents ont raté quelque chose.
Lundi 8 mai : Lever tardif, à 8h15, et gros petit déjeuner avant de reprendre la route. Les cuisses sont un peu dures sur les coté Le retour sur la région parisienne se passe sans encombre, sous le soleil, en passant par les petites routes pour éviter le bouchon de 22km au péage où s'agluttinent déjà les Parisiens de retour de week end. Dès le retour à la maison je pose mon sac avant de sauter sur mon vélo de route pour aller mouliner une heure, histoire de favoriser l'élimination des toxines afin de réduire les courbatures du sur-lendemain.
Mardi 9 mai : Un peu dur de marcher droit, les cuisses sont raides sur les cotés. Y'a longtemps que c'était arrivé.
Pédalator
profil du circuit de 80km

| CATEYE | POLAR | |
| Temp Roulé : | 6h00'59" | 5h57' |
| Moyenne: | 13,4km/h | 13,7km/h |
| Distance: | 80,98km | 81,7km |
| Vitesse max.: | 52km/h | 50,4km/h |
| Dénivellé: | - | 2590m |
| Départ: | - | 7h01'22" |
| FC max/moyenne | - | 182/147 |
| Altitude max/moyenne | - | 1380/950 |
Dernière mise à jour : mercredi 10 mai 2000 19:45