| Et un 100 bornes VTT de plus (le
4ème de cette saison 2000) à l'actif du Biker's Band
qui se déplaçait en ce premier dimanche de juillet sur
les terres du bibendum ( non ! non ! C'est pas Domi )
pour participer à la onzième édition de la randonnée
VTT " La Ronde des Puys " organisée par le
club local Vélo-Aventure au départ de Châtel-Guyon (63
Auvergne). Jean-Charles WEISS, le chef organisateur de
cette belle rando VTT dont le parcours change tous les
ans, avait de nouveau mitonné un week end sportif avec
VTT à gogo : une rando de 30 km le samedi et une rando
de 60 km ou 90km le dimanche. Les plus courageux
pouvaient se gaver de kilomètres en enchaînant les deux
journées consécutives (espèce dont on pouvait déceler
la trace par la couleur noire de leur plaque de cadre).
Pour la cuvée 2000 de cette rando Auvergnate, où je
pose régulièrement mes crampons depuis maintenant
quatre ans, cinq Biker's et un frangin avaient décidé
de faire le voyage pour profiter des paysages, de la
gastronomie locale (certains - dont je suis - en ont
même ramené des échantillons consommables...) en
s'alignant au départ des 90 km de la rando du dimanche.
Samedi 1er juillet
Rendez-vous étant fixé à 8 heures au local à
Neauphle en ce samedi matin premier juillet, c'est sous
un ciel bleu + soleil que j'y retrouve Alain qui se joint
à la troupe de raideurs du Biker's pour participer à la
1ère rando VTT de sa vie. Nous allons essayer de lui
inculquer les vraies valeurs du VTT, à savoir prendre un
peu - beaucoup - de temps au ravito (pour s'y goinfrer de
spécialités locales), prendre son temps pour regarder
les paysages sans avoir la pression du chrono (et la
tête dans le guidon) en gôutant la convivialité et
l'ambiance d'une population vététesque plus
communiquante et plus cool que
l'homo-vététitus-crossus.
Nous devons retrouver Fred vers midi à Châtel-Guyon car
il doit passer prendre son frangin en région parisienne.
Jean-Claude (alias Tic-Tac) et Jean-Luc (notre jeune
papy) nous rejoindrons en soirée à Châtel-Guyon.
Mauvais choix pour cet équipage qui nous prive ainsi du
déjeuner dans un très bon resto de Riom, le magnolia
étant fermé le dimanche soir.
8h05 : en attendant Alain, je redonne une nouvelle
jeunesse aux vitres de ma carriole qui portent encore les
traces insectoides de notre dernière virée à
Compiègnes. Un quart d'heure après, j'ai eu le temps de
laver toute la voiture...lorsque le bleu break d'Alain se
gare en face du local. Vélo, sacs, pneux, bouteilles,
pompes-à-pied, pièces-de-rechanges et pilotes étant
chargés dans mon véhicule nous prenons la direction de
Rambouillet pour rejoindre l'autoroute au niveau d'Ablis.
Trafic routier assez soutenu en ce premier jour de
départ pour tous les juilletistes. Les hommes en bleu
sont de sortie et leurs vicieux trépieds fleurissent les
bords de route. Pas moins de trois barbecues détectés
sur la route de l'Auvergne. La circulation se clarifie
lorsque l'embranchement pour Bordeaux se présente.
Bonnes vacances ( et bons bouchons...) ! Nous poursuivons
tranquillement notre chemin en direction de Clermont. Les
champs de blé des champagnes traversées sont prêts
pour les moissons. La végétation est bien sèche et
l'herbe adopte une couleur jaune paillasse bien
différente du vert tendre de certains sous-bois de la
région parisienne.
Petite halte dans un relais pour donner à boire à mon
carrosse et permettre à alain de griller un clop. J'en
profite pour appeler Tic-Tac de mon portable afin de lui
passer les dernières consignes : prendre short et
lunettes de soleil. Mince ! Où ai-je encore fourré mon
portable, il n'est plus à ma ceinture. Couillon ! Tu
l'as à l'oreille ! Faut que j'arrête de fumer de
l'Overstim.
Un demi-plein de gazoil et 3h30 plus tard, nous quittons
l'autoroute à Riom pour rejoindre Châtel-Guyon (centre
VTT F.F.C.), ville de cure dont l'eau des sources est
particulièrement recommandée pour tout ce qui est
troubles digestifs (personnes en bonne santé s'abstenir
!). Nous arrivons vers midi à l'Hôtel de Paris (***),
mon point de chute habituel lorsque je débarque
annuellement à Châtel-Guyon. Les gérants, M. et Mme
POMMIER, nous y accueillent toujours avec une grande
gentillesse - à des prix adaptés aux week end sportifs
- étant eux-mêmes d'anciens sportifs de haut niveau en
course à pied.
l'Hôtel des
Biker's
La Glof (voiture) des deux frères est déjà là.
Nous prenons possession de la clé de notre chambre,
située au rez-de chaussée de l'annexe (où l'on
parvient après avoir monté 4 escaliers...mais il y
aussi un ascenseur 2 places pour les moins sportifs) où
je préfère élire domicile en prévision de l'animation
de la rue prévisible en ce week end de match (petit
détail négligé par Fred et son frangin dont la chambre
en facade leur permettra de vivre en directe live la
troisième mi-temps jusqu'à 3h30 du mat'...) Nous y
portons nos bagages avant de redescendre afin de ranger
nos montures dans le local fermé de l'hôtel. Nous
retrouvons les deux frangins dans la rue en train de
faire la même chose que nous. Je profite d'une place
fraîchement libérée (et gratuite) pour placer mon
véhicule derrière celui de Fred, à l'ombre dans la
ruelle de l'hôtel. Un ToutMou jaune de marque Hot-Chili
hante déjà le couloir du local
buanderie-garage-à-vélo. C'est sûrement celui de MDom,
autre vététiste rencontré dimanche dernier lors du
Raid Impérial Compiègnois. Nous ajoutons nos montures
au local puis nous remontons, direction le resto.
Habituellement égayé par la bonne humeur colportée par
plusieurs groupes de vététistes venant de toute la
France, la salle du restaurant de l'hôtel est plutôt
calme. Quelques tables sont occupées par les curistes -
plus très jeune - envoyés par leur toubib se refaire
une beauté des tuyaux. Le personnel de l'hôtel est bien
content lorsque notre jeune population vient 'égayer'
leurs tristes journées. Pour ce week end ils sont
particulièrement gâtés car en plus des vététistes,
une équipe de grosses carrures mi-français,
mi-étrangers est venue participer à une compétition de
lancer de marteau. Une assiette de crudité, un tournedos
de volaille forestière, les fromages locaux et une très
bonne tarte aux pommes (parfumée cannelle et amande)
sont rapidement dévorés par nos quatre sportifs, le
tout arrosé du rouge local, avant de terminer par un
petit café et son chocolat.
Nous voyons passer trois vététistes, probablement pour
la rando de 30 km.
La tenue du vététiste en week end dans le sud
rapidement enfilée (lunettes de soleil, short), notre
petit groupe se dirige (à pied) vers la salle des fêtes
située à moins d'une borne pour y retirer le package
d'inscription et regarder le départ des abonnés à la
rando de 30 km du samedi. La chaleur est au rendez-vous,
le temps est orageux et lourd. Pas beaucoup de
participants au départ des 30 kilomètres. Beaucoup de
locaux à voir les plaques d'immatriculation des voitures
rangées sur le parking. La meute lâchée, nous entrons
dans la salle pour y retirer nos plaques de cadre. Le
cadeau de cette année est une poche isotherme porte
bidon. Pratique pour garder les mains libres en course à
pied. Je préfère ce genre d'article au traditionnel
tee-shirt, ces derniers ayant tendance à déborder de
mes tiroirs. Je récupère les plaques de papy et Tic-Tac
car ils n'arriveront qu'en fin de soirée.
Nous soudoyons ensuite un membre de l'organisation afin
de pouvoir jeter un il sur le tracé de la rando de
90km du lendemain. Nous en profitons pour obtenir
quelques informations sur le parcours. La tempête de
décembre ayant causée quelques dommages, très locaux,
certains passages du parcours initial ne sont plus
accessibles et seront contournés. Normalement, la Ronde
des Puys a lieu fin mai. Cette année l'organisation l'a
déplacée début juillet pour pouvoir refaire un nouveau
tracé en attendant le dégagement des sentiers. J'essaye
d'obtenir le dénivelée total du parcours. Cette année
le parcours sera moins dur une fois passés les 20
premiers kilomètres. Je traduis ; donc moins de bosses.
Mince !
Nous retournons vers le centre de Châtel-Guyon,
après être monté au calvaire d'où l'on dispose d'une
belle vue panoramique sur la ville et ses environs.
L'après-midi est alors consacrée à la tradionnelle
visite des sources (très minéralisées et chargées en
fer), au goût si particulier, que nous faisons
découvrir aux nouveaux-venant-à-Châtel. Ensuite petite
marche dans le parc des thermes pour monter par un petit
sentier bien sympatique au-dessus de Châtel. Il fait
bien chaud, c'est l'occasion de redescendre et de faire
une séance terrasse. Le bar situé en face de l'hôtel
nous semblant parfaitement approprié - et à l'ombre -
nous décidons d'y élire domicile le temps d'attendre
l'arrivée du reste de la troupe. Bière pour certains,
Ice Tea et chocolat liègois pour moi. J'en profite pour
appeler sur mon portable nos deux compères qui viennent
de passer Orléans. On pense bien à eux devant nos
biéres et glace...
Des vététistes reviennent de la rando de 30km. L'un
d'eux boite franchement ; sa roue a dérapée sur une
méchante pomme de pin et il s'est pris une gammelle dans
la dernière descente. Pas de chance.
Peu avant l'heure du repas (l'appel de la table est
inévitable...), le reste du Biker's Band débarque
après 3 heures de route et vient compléter l'équipe.
Une fois leurs sacs posés dans la chambre et leurs
montures mises à l'abri, la troupe décide de profiter
des 20 minutes restantes avant le dîner pour prendre
d'assaut une autre terrasse, apéro oblige.
Les 20 heures dépassées, et les verres vides, le groupe
retourne au restaurant de l'hôtel où le chef va nous
servir un repas 'sportif' en prévisions des efforts du
lendemain. Au menu ; salade de gésier ou assiette de
crudités, cuisse de poulet aux champignons accompagné
de pâtes fraîches (on peut avoir une autre bassine de
pâtes m'sieur s.v.p.), fromage et gâteau de riz maison.
Le tout arrosé comme il se doit par le rouge local
adopté le midi. Un rapide petit tour dans le centre
avant de rejoindre les chambres, une rude journée nous
attendant demain. Je prépare mon équipement du parfait
vététiste, histoire de gagner un peu de temps pour
demain et de ne rien oublier. Montre réglée sur 6h30,
puis bonne nuit les petits.
Dimanche 2 juillet
6h30 : Réveil en douceur et direction la douche.
Razé de près, tout propre et en tenue Biker's prêt à
rouler moins d'un quart d'heure après le blip de la
montre. Toc ! Toc ! La porte s'ouvre et ' un fait ch... '
vient troubler le calme de la chambre. Ce borborygme
typiquement Tic-Tacien traduit la joie du Tic-Tac
remerciant les organisateurs de placer aussi
matinalement, de préférence le dimanche, toute
activité VTT.
L'étape réveil une fois franchie, nous descendons vers
7h prendre un bon petit déjeuner afin d'avoir de se
constituer des réserves glucidiques suffisantes pour
l'effort à venir. Le personnel est un peu surpris
d'avoir de si bon matin une bande de joyeux lurons se
jetant sur les croissants et autres liquides, avant même
que le café ne soit complètement passé. Je passe sous
silence les quelques croustillants et 'chauds' échanges
verbaux échangés avec le personnel de l'hôtel ...
7h50 : La troupe enfin prête, nous sortons les montures
et rejoignons en vélo l'aire de départ où les
vététistes commencent à se rassembler.


Pas beaucoup de monde cette année, peut-être en
raison des vacances de juillet. Le parking n'est pas
complet et les provinciaux ne sont vraiment pas nombreux.
Le ciel est bleu et le soleil commence déjà à taper.
Va pas faire froid dans les bosses !

Une petite photo de famille, sur fond de
Châtel-Guyon, pour immortaliser l'événement et
illustrer le site Web du Biker's, puis nous nous
regroupons autour de l'organisateur Jean-Charles pour
boire la bonne parole des dernières recommandations ;
couleur du balisage et autres info.

Le Biker's Band au départ
8h09: C'est le départ ! La meute s'élance, allure
plutot cool. Nous roulons durant quelques kilomètres sur
de larges pistes, dans la campagne environnante de
Châtel-Guyon. Cela permet de s'échauffer tranquillement
avant d'attaquer les premières bosses qui ne tarderont
pas à se pointer. Ce passage plat est nouveau puisque
lors des éditions précédentes nous traversions la
ville pour attaquer directement la montée, assez longue
et encaissée, où il ne valait mieux pas trop traîner
sous risque de subir quelques petits bouchons. Le rythme
est assez cool, mais pas mou. Alain me suit, Tic-tac et
papy font de même un peu plus loin car à leur age il
faut un peu plus de temps pour s'échauffer...
Nous montons ensuite assez progressivement, sur de larges
pistes, pour rejoindre un petit village ou un embrion de
descente nous amène - après 11 bornes et un court
passage de 3m ou pied à terre s'impose (1) en raison
d'un lit de méchants cailloux occasionnant perte
d'adhérence - au début d'un beau single track ombragé
dont le début de la pente m'inscite à passer de suite
le petit plateau. Un local y va de son "c'est la
montée à Tournoël. Ca monte assez longtemps".
Chouette ! Enfin de l'action !

La longue montée commence assez sportivement pour
nous mettre d'emblée dans le bain (de sueur) puis la
pente s'adoucit un peu et se transforme en une longue
montée régulière sur un petit single-track serpentant
entre les arbres, au frais, avec quelques cailloux et
racines. Le pied quoi ! Je monte régulièrement, mais
sans traîner - comme d'hab' - suivi par un autre
vététiste. Nous remontons quelques collègues
visiblement peu à l'aise dans les bosses, l'un d'eux
nous apostrophant au passage ; " Tiens ! On
reconnaît les gars du coin ". Je réplique par un
" dommage on arrive de paris ! " qui lui coupe
le sifflet. Il se remet à mouliner.
Ce coin de nature ressemble fortement à une zone de
montagne comme on peut en rencontrer lors d'épreuve
comme la VTTtîcîme (prochaine étape du Biker's Band).
Au bout de 3 bornes, la montée se termine en débouchant
sur la route menant au château de Tournoël.
Le château de Tournoël.
Fais pas froid ! La buée se pointe. Je sors
rapidement mon clic-clac et me poste en sortie de
single-track (2) prêt à coucher sur le papier glacé
nos joyeux Biker's. Quelques dizaines de secondes passent
et voilà Alain. Clic ! Puis Tic-tac sur son fidèle
destrier. Re-Clic ! Un petit moment après c'est au tour
de papy de passer à la postérité. Il est déjà
asphyxié.


On repart sur du goudron sur 100m, puis sur une large
allée qui s'élève assez rapidement pour nous mener par
un chemin ombragé au départ d'une courte descente
donnant au pied de la seconde vraie bosse du parcours.
Chouette !
La pente s'accentue rapidement, une ornière assez
profonde placée au milieu du chemin obligeant à rouler
sur les bordures, en léger dévers, avec un sol couvert
d'une légère pellicule d'un mélange sable/gravier
propice à la perte d'adhérence. Je reviens au niveau de
deux autres vététistes qui ne tardent pas à poser le
pied à terre, par manque de cuisses où de perte
d'adhérence, puis les passent en continuant la montée
qui devient de plus en plus raide. Dernier pignon. La
bosse se termine par une petite marche un peu érodée
qui semble pouvoir se passer sur le vélo en choissisant
le passage sur les bords. Un dernier coup de rein et la
difficulté est absorbée sans pied posé. Pédalator a
frappé une fois de plus ! Je me poste sur la sortie de
bosse et dégaine mon clic-clac pour saisir sur le vif la
tronche de nos Biker's sur le final de cette petite
difficulté (3). Quelques secondes d'attente et le
premier casque apparaît. Ils sont tous à pied, Alain,
Tic-Tac, papy et d'autres vététistes.

Le souffle à peine retrouvé, la troupe repart. Nous
continuons à monter progressivement, en alternant
passage à l'ombre en sous bois et chemins plus larges au
soleil, avec parfois quelques petites descentes
sympathiques. Tout cela nous amène tranquillement au
bout de 23 bornes et 1h29 au premier ravitaillement où
nous retrouvons le groupe de tête. Le remplissage des
Camelbak s'impose car la consommation de liquide s'est
accentuée avec ces montées et la chaleur déjà bien
présente. Chocolat, petits-beurre, compote et autres
sucreries composent le menu de ce premier ravito. Le
salé, c'est pour plus tard.

Les goinfres rassasiés, nos quatres Biker's grimpent
sur leurs montures et reparte en chasse. Nous croisons en
sens inverse un scoot chargé de deux matelas. Y'en a qui
trimbale leur lit avec eux dans cette région. Bizarre.
Quelques grandes allèes au soleil puis le chemin
bifurque pour rentrer en sous-bois où s'amorce un
single-track bien sympa serpentant entre les arbres.
Tic-Tac prends un instant le relais en tête du
groupe...pour ralllonger d'au moins 500m notre périple
par une petite séance de 'pas-vu-le-balisage' au niveau
d'un embranchement. " Il avait un air sympa ce petit
chemin " sera le mot d'excuse aux bons moutons que
nous sommes. Le droit chemin rapidement retrouvé, je
reprends la direction des opérations en menant le
troupeau à bonne allure au travers de nombreux
single-track dont l'un monte régulièrement à l'ombre,
évitant par moment un arbre couché par la dernière
tempête, une moquette de racines ou une ornière de
sable. Les dégâts sont très localisés dans cette
région en comparaison des grosses superficies
complètement ravagées de la région parisienne et des
vosges.
De belles descentes bien rapides se succédent et
permettent aux T.S. de s'exprimer complètement ; saut
d'ornières, de petites marches, virages en appui
composent le plat de résistance. Certains virages
ensablés se traduisent par un brusque déclipsage de
pédale auto en prévision d'éventuels dérapages
incontrolés. Tic-Tac, plus à l'aise en descente, me
talonne de près suivi par Alain en phase de vision
nocturne (cause verres fumés ) suivant aveuglément nos
trajectoires.
La descente terminée, il faut songer à remonter. La
lente et progressive montée commence, avec par moment
des passages plats sur de grandes allées ombragées.
Break ! Dérapage. J'ai failli rater une flèche. A
droite tout le monde. La troupe passe devant. Vas-y papy
! attaque ! JML est derrière ! Nous cheminons un moment
sur un chemin en sous-bois assez touffu avant de
rejoindre une route. Nous la suivons sur quelques
centaines de mètres pour retourner dans le bois puis
nous débouchons sur un champ, entre deux puits, où la
végétation est particulièrement florissante. Petites
Fleurs bleues, jaunes et blanches donnent un air de
vacances à cet endroit, donnant l'envie d'une séance
pique-nique à Tic-Tac. Alain comprend 'séance
technique'. Retour à couvert dans le sous-bois puis nous
quittons les larges allées pour entrer, après avoir
enjambé - style cyclo-cross - deux arbres couchés par
la tempête, dans un chemin en lisière de champs où la
tondeuse n'a pas du passer depuis un bon moment... Une
portion de chemin parsemée de pierres cachèes sous
l'herbe et de souches de jeunes arbustes fraîchement
coupés me donne raison sur mon choix d'avoir
sous-gonflé mes pneux ce matin. Le chemin se resserre,
de hautes herbes nous entourent, la trace difficilement
visible est suivie de près par Tic-Tac qui ouvre la
voie, suivi par Alain. On se fait un peu érafler au
passage par les genêts, merci les gants longs. Le
passage se termine en débouchant sur une route que nous
suivons sur 100m avant de prendre à gauche toute.
La vision de ce qui nous attend se traduit par un passage
simultané sur la petite couronne. Avant d'attaquer le
morceau, nous faisons une petite pause à l'ombre,
histoire de jeter un sort à quelqes sucreries. Et une
pochette ISOSTAR de sucre rapide, parfum pomme, pour
bibi. C'est un produit assez récent sur le marché. Mais
que c'est bon (et pas trop sucré) ! Tic-Tac s'envoie sa
dose de remontant sucré, style Guronzan, puis nous
remontons sur nos montures. La difficulté est minime et
rapidement surmontée. Nous arrivons sur le début d'un
joli sentier, montant en lacet, bordé d'épilobes
mauves. J'ai l'impression de retrouver les sentiers de
vacances des Alpes. Le balisage indique un
tourné-à-gauche et l'on quitte le jouli sentier pour
prendre un virage en épingle qui nous mène au pied
d'un...Gasp ! Un portage ! J'essaye de monter quelques
mètres mais la nature très sablonneuse du terrain
réduit à néant ma tentavive et nous nous retrouvons
tous trois (ben oui on a dèjà perdu papy et largué nos
poursuivants) transformés en randonneurs pédestres sur
10mètres. Arrivé en haut de la gâterie (5), je dépose
rapidement mon fidéle M4 puis dégaine rapidement la
boîte à image pour saisir nos deux marcheurs en plein
effort. " Pourquoi tu nous prends toujours quand on
marche ? " s'exclame le Tic-Tac.

Le monticule absorbé, le chemin se poursuit en
single-track et nous arrivons ainsi au deuxième
ravitaillement après 38 bornes et 2h33 de pédalage à
allure rando cool (pour nous).
Ensuite, c'est tendance descente sur un assez long
passage de larges allées bien roulantes, avalé sur la
plaque à 'bonne' allure, avec par moment de chaudes
séances de déclipsage lors des virages caillouteux.
Nous traversons des bois de pins en empruntant des
allées dont le sol est recouvert de pouzolanne ( poudre
constituée de grains plus où moins grossier provenant
de l'érosion des cendres volcaniques noires) propice au
dérapage incontrolé avec gammelle à la clé, comme
pourra le tester Tic-Tac qui se fera son 'saigne' mais
sans avoir besoin de 'pic'. Un court passage de séance
roulé-porté-roulé, pour éviter quelques pins couchés
par la tempête, nous permet de rejoindre le troisième
ravito où nous retrouvons encore le groupe de tête au
bout de 56 bornes et 3h42 de belle balade. Nouvelle
séquence compote sur petit-beurre et remplir de Camelbak
avant de remonter en selle. Papy commence-à-continuer
d'être fatigué. Vivement les vacances.

Nous montons jusqu'à 1000m (vous avez remarqué : ça
monte toujours après un ravito...) par des chemins puis
sur une route fraîchement goudronnée, façon
gravillons, sous un chaud soleil de midi. La suite du
parcours est un peu moins intéressante car nous suivons
de larges pistes assez plates ou en faux plat. Serait
pt'être temps de travailler un peu, que diable. Un court
passage dans un bois avec petit single-track descendant
en virages serrés se prête admirablement au départ et
je commence à embrayer un peu. Je reviens sur deux
vététistes roulant à bonne allure et ne vais pas les
lâcher avant le prochain ravito. Alain me suit, le
Tic-Tac n'est pas loin. L'allure a bien changée puisque
le compteur qui affichait 18 à 22 durant les deux
premiers tiers du parcours monte allègrement autour des
30 à 35 km/h. Les faux plats sont alors rapidement
avalés et les quelques randonneurs engagés sur les
parcours de 30 et 60km que nous venons de rejoindre sont
dépassés par des coups de vent soulevant la poussière
au passage.
Nouveau ravito au 75ème kilomètre, à l'ombre, après
4h42' de chevauchée. Petite pause remplir-le-Camelbak ,
compote au peti-beurre, chocolat. Il fait bien chaud à
ce moment car il est presque 13 heures. On discute un peu
vélo et raids avec les deux lascars que nous avons
chassés puis nous repartons. Ca monte un peu puis vient
le moment où il faut commencer à redescendre sur
Châtel-Guyon et là les T.S entrent en action. Longues
descentes très rapides, un peu caillouteuses par moment,
tabassantes par endroits. Trois bolides dévalent les
pentes, doublent à 40km/h des randonneurs prudents
crispés sur les freins (débranchés pour nous à ce
moment), sautant les racines et cailloux. Je ne lâche
pas Tic-Tac et lui file le train. Derrière, Alain essaye
de suivre le train (l'express), son semi-rigide prenant
un malin plaisir à lui réduire le dos en bouillie. La
pente s'accentue et la longue descente se poursuit à un
rythme endiablé où l'on atteint les 55km/h. Freinage
marqué à l'approche d'une mère et de sa progéniture
puis c'est la fin de la descente. Vraiment Top ! Nous
roulons tranquillement, pour qu'Alain raccroche aux
wagons. Nous repartons ensuite et je prends la tête de
convoi en allumant un peu trop ce qui me fait prendre une
flêche de balisage permanent pour celle de notre
parcours et m'emmène, avec Alain me suivant comme un bon
mouton, 50m plus bas vers un pont où je stop ne voyant
plus de marquage. Inspection à gauche, à droite et
remontée ne voyant pas venir Jean-Claude. L'erreur
découverte, nous reprenons le droit chemin qui nous
ramène rapidement au point de départ à Châtel-Guyon
où nous retrouvons J.C. après avoir parcouru 96km en
5h04 à plus de 19km/h de moyenne, ce qui est bien la
première fois sur cette rando. Nous arrivons en 3, 4 et
5ème position de tous les participants au 90km, ce qui
surpend un peu l'organisateur qui n'attendait pas de si
tôt les radnonneurs du grand parcours. Normal, il n'y
avait plus de vraies bosses sur la dernière moitié du
parcours.
Fred et son frangin ne semblent pas être arrivés. Le
pari de J.C est en passe de se réaliser et il se
pourlèche les babines à l'idée de la bonne bière que
va lui offrir Fred. Ce dernier ayant parié qu'il
terminerait ses 60km avec son frangin avant que nous
n'arrivions de nos 90km.
Nous redescendons à l'Hôtel savourer une douche
bienfaisante. Les vélos des deux frères sont là. J.C.
T'as perdu !
Papy arrive quelques minutes après nous, bien cuit.
" J'arrête le vélo " s'exclame t'il en
s'affalant sur le fauteuil.


La troupe, toute de propre vêtue, remonte alors vers
la salle des fêtes pour profiter du plateau repas
concocté par l'organisation (40F). Une tranche d'un
très bon pâté local, deux de rôti de porc froid,
quelques crudités, une timbale de riz et une belle tarte
aux abricots. Pas mal, on a testé pire. Il y a même du
rosé frais pour ceux qui le désirent. Les plateaux sont
rapidement nettoyés.
Le Biker's Band se dirige alors vers un réconfort bien
gagné en prenant d'assaut la terrasse d'un
établissement testé et approuvé la veille. Bière pour
les uns, cidre et glace pour bibi. Nous passons alors le
reste de l'après-midi à échanger nos impressions de la
journée en attendant l'heure du repas pour lequel nous
avons passé commande au chef pour 8 heures.
J.C. et Jean-Luc ont du mal à reprendre le chemin de
Paris. Prévu avant le dîner, leur retour ne
s'effectuera qu'après celui-ci, les queues d'écrevisses
et le marbré de foie gras que nous avons commandé
étant vraiment trop tentant.
C'est ainsi que la troupe au complet se retrouve vers 20
heures au resto de l'Hôtel, prêt à jeter un sort au
plus gros menu du chef. Le rouge local sera précédé
d'un Coteaux du Layon, particulièrement en accord avec
le foie gras. Amuse-gueule, marbré de foie gras aux
pruneaux et au paprika, queues d'écrevisse, magré de
canard au miel, plateaux des fromages régionaux et tarte
tatin maison me seront bien plus agréables au palais que
la compote aux petits-beurre des ravitos de la journée.
Le dessert venant juste d'être servi, un but de la
finale France/Italie vide quelques instants notre table.
Resté à table (mes parents m'ont bien éduqué), je
résiste (c'est dur !) à la tentation de manger les
gâteaux des absents (c'était vraiment moins une ! la
prochaine fois y'aura pas de quartier ! ). Nous sortons
de table passé 22 heures - et les derniers du resaturant
- à la joie du serveur qui termine sa journée. Les
footeux montent regarder la fin du match, J.C. et papy
reprennent le chemin de Paris. L'ambiance monte très
vite dans la rue principale de Châtel-Guyon lorsque la
France gagne. Trompettes, véhicules traversant la ville
en trombe avec drapeaux et beuglements, bains dans la
fontaine vont ponctuer la soirée jusqu'à 3h30 du mat'.
Les curistes s'en souviennent encore...
Avant de retrouver nos lits, nous faisons un petit tour
en ville, pour une courte balade digestive. Des jeunes
sautent dans les deux fontaines de la ville et
éclaboussent les véhicules au passage. L'un d'eux se
met même à poursuivre les voitures en tenue d'adam.
Chaude nuit.
Après une bonne nuit ponctuée d'orages et de big
averses ( fichtre y'en a qui ont eu de la chance !), nous
retournons sur la région parisienne, après un passage
à la crémerie locale pour ramener des spécialités
auvergnates. Pour ma part, c'est un saint Nectaire
fermier entier dont le goût n'a rien de comparable aux
trucx que l'on peut trouver cehez nous.
Voici encore un beau week end sportif (suis pas sûr
d'avoir perdu du poids...) de passé et une belle rando
de plus à mon tableau de chasse, bien que l'édition
2000 soit un peu trop roulante à mon goût.
Pédalator
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