La Forestière,de retour de l'enfer ! Sep 19, 2001 09:51 PDT Bon c'est parti pour quelques lignes, je ne sais plus par où commencer tant le week-end a été riche... Inscrit pour une première sur le 55 kms,j'attendais avec impatience cette épreuve depuis 4 mois, (je n'avais fait une telle distance à l'époque, le dénivelé en plus !) Ayant habité le coin pendant 10 ans, j'avais une motivation toute particulière pour redécouvrir les chemins de mon adolescence (dit-il avec une larme d'émotion au coin de l'oeil) Partis dès le vendredi avec Laurent Lebecque nous avons profité de la maison de mes parents comme "base avancée" ; du coup, cela nous a permis d'aller faire un petit tour de 2 h dans les montagnes avoisinantes le samedi matin, sous le soleil. A ce moment, nous espérions encore une certaine clémence de la météo. Le samedi après-midi, après une fameuse partie de lasagnes de ma môman, nous partons vers oyonnax ; A l'arrivée à valexpo, nous rencontrons les Yétis qui sont venus à 34 cette année ; A l'occasion de la forestière, un mini-salon est organisé, Scott, Specialized sont là ainsi que Lapierre qui présente sa nouvelle gamme 2002. Eric Baronne, originaire d'oyonnax, est également dans le hall pour présenter son prochain défi de Ouf' en novembre : battre le record de vitesse sur terre, sur les pentes d'un volcan en amérique du sud, avec une déclivité moyenne de 75 % Après avoir récupéré les plaques et les sacs vestiaires, je profite de l'assistance Mavic pour faire dévoiler ma roue arrière qui en a bien besoin. Nous faisons connaissance avec Rodge, encore une bonne occasion pour établir contact avec un listard ; bien évidemment, la discussion tourne rapidement autour du choix des pneux car le ciel s'assombrit et la météo est plus qu'incertaine. Dimanche matin , j'accompagne Laurent prendre son départ à Lamoura ; nous nous arrêtons à 2 kms du départ pour qu'il commence à s'échauffer. Pour ma part, je reste un peu pour voir la course des 100 kms qui va passer à cet endroit ; et effectivement nous voyons bientôt débouler un petit peloton emmené par les coureurs des teams Bianchi et Lapierre ; après une petite descente dans un champ, les coureurs escaladent quelques marches en rondins avant de prendre la route sur quelques mètres et de plonger dans un sentier caillouteux. Je reste encore un peu, reconnais Pédalator et l'encourage, puis quelques amis du coin qui passent peu après. C'est ensuite à mon tour de gagner Les Moussières, mon site de départ. Le temps est gris et il fait 8°, je prends le coupe vent car quelques gouttes tombent, mais l'enlève car le départ est en forte montée et le soleil se montre timidement. Dès les premiers kms je sens que les jambes sont là ; rapidement, le soleil se cache et après 1/2 heure nous avons droit à de véritables seaux d'eau sur la tête. Je suis exité comme une puce, la pluie, le vent au lieu de me déprimer m'ont galvanisé ; c'est bizarre, mais il y a des choses comme ça qui ne s'expliquent pas ; je me suis même surpris à crier "je suis chtimi, j'aime le vent et j'aime la pluie" pour me donner du courage alors que d'autres concurrents se réfugiaient sous les arbres pour échapper à la "drache". Au 1° ravito à La Pesse, il y a un monde phénoménal, et notamment beaucoup de "grands" des 100/85/70 qui se réchauffent car ils se sont pris la grêle. Du coup je fais l'impasse sur le comté et passe tout droit ; après tout, tant que ça va, ça va ... Si on arrive à oublier les conditions catastrophiques, le parcours est agréable, alternant passages dans les champs, singletracks en foret et sentiers caillouteux et roulants. Ca doit être le pied à refaire par temps sec, mais pour le coup, le passage de plusieurs centaines de coureurs a fortement dégradé le terrain ; heureusement la boue est liquide et reste roulante. Après vient la fameuse descente du facteur à belleydoux ; c'est raide et " droit dans la pente" ; heureusement la portion est en sous-bois et a été relativement protégée de la pluie, du coup il n'y a pas trop de boue et j'arrive à la passer sur le vélo ; au passage, l'expérience de la transmaurienne, quoique catastrophique sur le plan sportif (cf mon compte-rendu "du débutant") s'est avérée très utile pour relativiser la difficulté des grimpettes et des descentes. Du coup je me sens des ailes, déjà 35 kms de parcourus, personne ne m'a doublé ; et comme toujours dans ces cas, le rappel à l'ordre est rapide et brutal. Peu après le facteur, nous abordons une descente délicate sur de grosses roches bien lisses ; j'essaie de passer sur le vélo alors que beaucoup sont à pied et c'est l'OTB avec chute du Lapierre sur la pierre (warf warf) et choc violent du genou sur le caillou (ok j'arrête). Comme ça ne suffit pas l'enchainement empire : chute, douleur, arrêt, refroidissement et crampe. résultat 10 bonnes minutes de perdues. Heureusement le vélo n'a rien et le ravito de Viry arrive à point nommé pour se refaire une santé ; le thé et un mot gentil font énormément de bien pour retaper le moral. On ne le dira jamais assez, mais c'est nous qui aurions du applaudir le public ; des centaines de personnes étaient le long du parcours à se geler sous la pluie, ça fait un bien fou, ces encouragements. Personnellement, à leur place, je n'aurais pas eu le courage de venir !! Au fur et à mesure que la forme revient , ce sont les freins qui disparaissent ; après plusieurs heures passées dans la boue et la pluie je n'ai presque plus de frein arrière et la dernière descente vers oyonnax se fera prudemment Au final j'arrive en 4h10 et là, nouvelle galère : 2h 1/2 pour laver le vélo et prendre la douche, c'est le seul point noir dans l'organisation, mais il pèse lourd sur le moral, d'autant plus que mon genou commence à se refroidir et à devenir douloureux. Vu l'heure avancée, je zappe le plateau repas et nous prenons la route avec laurent ; en se relayant nous rentrons à 3 h du mat' à lille bien fatigués ..... Pas glop pour le genou, il a doublé de volume, j'ai une grosse contusion et un épanchement, je suis out pour au moins 2 semaines donc pas d'Anderlues Un grand merci à Rodge pour m'avoir convaicu/forcé à mettre l'alligator devant, c'était à l'évidence le bon choix ; merci également pour les chambres vertes, elles m'ont donné confiance pour prendre les bordures et dépasser les "chicanes mobiles" ; finalement j'ai gardé le python derrière qui s'est bien comporté ; la boue étant liquide, pas de pbs de bourrage et bonne motricité ; un peu juste qq fois dans les descentes. Les résultats viennent d'être publiés, je suis tout de même 60ème / 850 inscrits sur le 55, mais dans l'ensemble ça a été l'hécatombe : au total seulement 1800 coureurs ont terminé sur les 4000 inscrits..... Pour la petite histoire c'est Thomas Dietsch qui gagne le 100 kms , 3 minutes devant Jérome Chiotti. Il a mis une heure de plus que l'année dernière.... Enfin, un peu de pub pour le Yéti club de Lille qui avait amené de la quantité et de la qualité : sur le 55 kms deux jeunes de 13 ans font 2 et 3 en catégorie minimes et sur le 85 kms les 2 premiers arrivent en 12° et 13° position, chapeau ! PHR