La plque de Pédalator                     

dimanche 29 juillet 2001

Les Carroz

Randonnée VTT

 Le profil du parcours
 La carte du parcours Extrême (69ko)
 Les données de Pédalator
 Les chiffres de cette édition
 Mes éditions précédentes :  2000   1999

La montée n'est plus impossible

J'ai longuement hésité avant de m'inscrire pour cette nouvelle édition de la VTTtîcîme et finalement j'ai rempilé devant l'insistance d'Alain et Loïc qui voulaient pimenter un peu nos vacances d'été. Mais cette édition 2001 sera vraisemblablement ma dernière, non pas à cause de la qualité de l’organisation et des prestations offertes qui se sont bien amélioré cette année, mais par lassitude du parcours.

J’ai participé ces dernières années aux éditions précédentes de la VTTtîcîme - parcours Extrême bien sûr - sans jamais retrouver le plaisir éprouvé lors de ma première participation alors que cette randonnée VTT partait du joli petit village de Sixt. Les quelques modifications apportées aux parcours au départ des Carroz ne sont plus suffisantes pour maintenir un attrait suffisant susceptible de me faire revenir sur cette randonnée.

Voici donc en exclusivité le récit Pédalatorien d’un nouveau week end aux Carroz.

L’aventure commence une quinzaine de jours avant ce 29 juillet 2001 par deux semaines de vacances en montagne, bien utiles pour acclimater nos organismes parisiens à l’altitude et aux longues montées où l’usage du grand et du moyen plateau du pédalier de nos montures se restreint à quelques rares occasions. L’effet de cette cure en hypoxie est particulièrement bénéfique pour l’augmentation des globules rouges - ces braves bêtes qui transportent l’oxygène à nos petits muscles - permettant ainsi d’affronter les sommets sans avoir l’impression de cracher ses poumons au moindre raidillon. Trois montées en vélo de route au Col du Galibier, une au Col de la Croix de Fer et quelques balades VTT en altitude me serviront d’entraînement durant ces deux semaines d’aération.

Trois jours avant l’échéance, comme pour toute autre grande rando ou course, je commence à mettre un frein à mes sorties VTT/ROUTE/pédestre tout en stockant de l’énergie par le biais de repas et de boisson hyper glucidique. Les crozets gratinés au roblo permettent de changer un peu des traditionnelles pâtes et sont plus dans l’esprit de la région savoyarde. En plus c’est meilleur !

Le vendredi après-midi reste consacré au nettoyage/entretien du spad, à la préparation du paquetage de week end et au chargement des voitures. Un dernier dîner version pâtes et tout le monde au lit.

Samedi 28 juillet 2001:

Soleil et ciel bleu encrassé par quelques nuages à tendance orageuse. Le Biker’s Band prend la direction des Carroz. Descente de Valloire par la route passant par le Col du Télégraphe pour rejoindre l’autoroute à Saint Michel de Maurienne jusqu’à Albertville suivie d’une route tortueuse passant par Megève. Le premier week end d’août apporte sont lot de nouveaux vacanciers, ayant visiblement peur de conduire en montagne, qui se traînent lamentablement et les deux heures prévues pour rallier Les Carroz se sont transformées en trois heures.

Le ciel est très chargé et d’un gris très sombre annonciateur d’orage lorsque nous arrivons enfin aux Carroz. Le scénario de l’an dernier semble se reproduire, sauf qu’il avait bien plu les semaines précédentes, ce qui n’est pas le cas cette année. Les voitures parquées, nous prenons place à la terrasse du Mont Gelé, un resto-crêperie Biker’s Approved lors des éditions précédentes. Quelques minutes plus tard, le tonnerre gronde et la serveuse suggère que nous prenions place à l’intérieur du resto ; proposition que nous adoptons volontiers. Le choix se révèlera plus que judicieux car plusieurs averses se succèdent pendant notre pause déjeuner et les récalcitrants qui continuaient à manger sur la terrasse se replient au fur et à mesure à l’intérieur du resto.

Alors que nous attendons l’arrivée de notre commande, une bande réduite du VTT Saint Germain, un club d’Ile de France voisin, débarque dans le resto avec Olivier le gagnant de la montée impossible de l’édition 2000 de la VTTtîcîme. Voici un sérieux prétendant que j’aurais à affronter ce soir. La super complète est toujours aussi copieuse et aussi bonne, tout comme le chocolat Liégeois. Va falloir brûler tout ça.

La pluie s’est arrêtée, le ciel se dégage à nouveau. Ouf ! Le terrain ne sera pas transformé en mare à cochon. La troupe repue remonte en voiture, direction l’aire d’inscription pour l’opération retrait des plaques de cadre à la salle polyvalente. C’est le désert lorsque nous arrivons dans cette grande salle. Les bénévoles attendent le client. Nous sommes surpris de ce grand vide en comparaison de la fréquentation de l’an dernier. Le participant aurait-il décidé de délaisser cette organisation après la séance boueuse et les petits ratés de l’édition 2000 ? Ou bien une météo incertaine ? Nous retirons nos plaques de cadre, le tee-shirt de la VTTtîcîme 2001 et les cadeaux traditionnels des sponsors de l’épreuve. Le père Fred ne trouve pas sa plaque N° 105 ; un autre gus semble l’avoir prise par mégarde. Pas grave, on lui file un nouveau numéro.

Nous prenons maintenant la direction du salon VTT où de nouveaux partenaires ont pris place cette année. Là aussi, c’est presque désert et bien morose. Rien à voir avec la fréquentation de l’an dernier. Nous pourrons constater que la situation s’améliore au cours de l’après-midi et surtout le lendemain avec beaucoup plus de passage. Parmi les marques représentées, on retrouve les grands comme MICHELIN, MAVIC, SRAM, RENAULT, BIANCHI, SCOTT, CANNONDALE, SPECIALIZED mais aussi THULE, HITENSE, POLAR... Nous arpentons les allées, à la recherche des nouveautés qui n’en finissent plus d’arriver (genre S710 de POLAR…dont 40 des 90 premiers livrés pour la France sont sur le Tour de France) ou de pneus Tubeless (non dispo en raison du succès), en disant un pt’i bonjour aux connaissances tel que Fred chez SPECIALITES TA ou Dominique au stand CANNONDALE. Celui-ci roulera demain avec nous sur le parcours Extrême et participera au Grand Raid Cristalp, le 19 août prochain, tout comme notre président. Le stand VELO VERT est minimal cette année. L’Air Stream et la Ventraterre ne semblent pas être présent. Je n'ai même pas aperçu leur boss durant tout le week end.

Nous retrouvons Fred qui boite un peu. L’individu vient de se tordre la cheville sur un caillou ! Encore une excuse pour éviter la grande pédalée du lendemain…

Nous achevons notre petit tour et reprenons les voitures afin de regagner notre petit hôtel, La Croix de Savoie , un établissement tranquille, sans grand luxe mais sympathique avec bonne bouffe, où nous retournons fidèlement pour la troisième année consécutive. Nous y retrouverons quelques têtes connues et habituées de la place comme les gens de MICHELIN et d’autres participants croisés sur les grandes organisations VTT. Nos sacs sont débarqués et nous prenons possession de nos chambres avec vue sur le balcon des Aravis. Loïc et Fred dans l’une, Alain et moi dans l’autre. Je retourne à la voiture pour mettre en place ma plaque de cadre et monter sur mon spad un pneu arrière adapté pour l’épreuve de ce soir.

Séance repos du guerrier, position horizontal-on-the-bed. On en profite pour potasser la feuille de route, distribuée avec le pack d’inscription, sur laquelle sont mentionnées les diverses consignes et les points de passage des différents parcours. Cela correspond à la carte du parcours Extrême que j’ai trouvé sur le site WEB des Carroz.

Vers 16h30, j’enfile l’habit de lumière (la belle tenue Biker’s enviée par beaucoup de vététistes), version corsaire et manches longues en prévision des soirées fraîches en montagne. Alain fait de même pour venir roulotter avec moi. Je dois bien m’échauffer pour affronter l’épreuve de la montée impossible. Nous tournons un peu dans le village puis je grimpe un peu dans les sentiers permettant de rejoindre le pied de la piste des Timalets où va se dérouler la montée impossible. Les prétendants et spectateurs arrivent déjà sur place. J’y retrouve François et Olivier, deux autres parigots. Ce dernier s’est préparé une monture allégée spécifiquement pour l’épreuve. Cadre titane rigide, fourche surbaissée, unique plateau de 20 dents, cassette XTR 11-34 réduite aux deux derniers pignons, pneu gonflé à 1 bar et bien cramponné by HUTCH’. Cela respire la recherche de perf’.

Le diplôme de Pédalator : 345m

Fred-la-cheville-foulée, Alain et Loïc s'étant dégonflés, il ne restait plus que Pédalator pour défendre farouchement les couleurs du Biker's Club lors de cette épreuve de la montée impossible qui va se dérouler entre 17h30 et 20h. Le terrain étant sec - cette année - une perf' est envisageable.

Région montagneuse oblige, mon spad fût modifié en conséquence pour l'adapter aux pentes à fort pourcentage. Un petit plateau de 20 dents en titane vint remplacer le 22 dents d'origine tandis qu'une cassette XTR 11-34 succédait à la XT 11-32. Il ne restait plus qu'à monter un pneu arrière qui arrache afin d'éviter toute perte d'adhérence intempestive. Un Spike R de PANARACER, gonflé à 2 bars, était parfaitement adapté pour cette tâche avec ses crampons très hauts et très durs. C’est l’arme fatale pour les descentes sur neige et les conditions sévères.

La monture prête, il ne restait plus au pilote qu'à monter en température. Quelques montées/descentes le long de la piste en compagnie d’Olivier et François puis une première tentative, volontairement limitée, afin de rechercher les meilleures trajectoires et de se faire une idée de l’effort nécessaire et l’affaire était entendue.

Il ne restait plus qu’à laisser partir quelques vagues afin d’évaluer les forces en présence et pour rigoler un peu avant de passer à son tour à la casserole. Beaucoup de participants venaient là en bande pour se marrer, par défit ou pari genre " le dernier paye sa mousse " ou simplement pour voir comment ils se situaient par rapport aux autres, sans esprit de compétition, ce qui a contribué à la bonne ambiance de la soirée.

La piste des Timalets
La piste des Timalets

Il est intéressant à ce stade de comparer les différentes méthodes et matériels employés par les participants. Vélo normal et non modifié ou selle bizarrement retournée jusqu’au câble de freins arrière enlevé (pneu trop gros ? ? ?). Coté méthode, beaucoup partent trop vite et s’essoufflent bien rapidement avant de s’écrouler sans avoir passé la barre des 150m. Quelques rares coureurs un peu plus entraînés montent tranquillement et parviennent sous la barre des 300m, mais très peu arrivent à dépasser la moquette déposée sur une plaque de boue avant les 340m car cela commence à monter plus fortement avant cette zone.

Le speaker fait monter l’ambiance et les caméras suivent les plus vaillants qui transpirent à grosses gouttes en respirant bien fort, le tout sous les encouragements du public. Un costaud parvient quand même à repousser le record à 421m. Il s’écroule et s’allonge sur le sol à la recherche de la moindre parcelle d’oxygène. La barre est haute cette année.

Une autre vague est au départ. Il me semble y reconnaître le second de l’an dernier, un jeune adepte du trial, qui se nomme Nicolas BAISIN. Confirmation rapide dès qu’il commence à monter car il adopte de suite des positions d’arrêt caractéristique lui permettant de reprendre son souffle. Il grimpe, grimpe encore, dépasse le record du jour et continue jusqu’au bout (540m) de la piste de la montée qui n’est maintenant plus impossible. C’est limite dans les règles d’employer le trial pour ce type d’épreuve. Sans cela, il ne pourrait pas réaliser cette performance.

Finalement je prends place dans la file d’attente en même temps qu’Olivier. Notre tour arrive et nous entrons dans l’arène avec une vingtaine d’autres prétendants. Je me place derrière tout ce petit monde, tout comme Olivier. Le speaker donne le départ. Je ne bouge pas pendant une bonne minute, en attendant le départ des autres participants de cette vague, afin d’éviter de buter sur un concurrent tombant à terre. J’y vais. Tranquillement, doucement, en zigzaguant par grandes boucles pour ne pas attaquer la pente de face. Olivier procède de même, un peu plus lentement. La vue s ‘éclaire devant nous au fur et à mesure des chutes et abandons. Je passe Olivier et commence à attaquer les 200m. Mes virages se font plus courts, je m'avance de plus en plus sur le bec de selle mais j’arrive toujours à monter en restant assis.


Pédalator en action, ça commence à grimper

Fait chaud. Gaffe à éviter les trous dans l’herbe, les quelques cailloux et les grosses touffes d’herbe. J'ai dépassé les 250m, la pente s'accentue, les encouragements avec. Allez Neauphle ! Les 300m sont un poil critique car je me suis engagé dans une trajectoire pas terrible; le terrain est jonché de paille sur 2m et l'on ne voit pas les pièges cachés en dessous. J'arrive à me sortir de cette zone par un coup de reins puis je me remets face à la pente pour préparer le passage de la moquette. La seule méthode à ce moment consiste à monter en trace directe pour traverser cette étroite zone, en priant qu'il n'y ai pas de perte d'adhérence sur ce tapis, ce qui ne devrait pas m'arriver avec les crampons d'enfer de mon pneu AR. Je m'avance encore un peu plus sur le bec de selle et réussi à sortir la roue avant de l'obstacle. Alors que je prépare un petit virage pour revenir perpendiculaire à la pente, afin de me ménager une pause pour reprendre mon souffle, la roue avant butte puis rebondit sur une put*@&#! de touffe d'herbe et me déséquilibre. C'est la faute fatale et le pied vient instinctivement au sol compenser le déséquilibre. Dommage car j'étais dans un bon jour, pas encore essoufflé, la suite de la montée étant plus facile un moment, j'aurais pu espérer faire un coup de 400 à 500m.

Olivier vient de passer à son tour la moquette et entame aussi son virage de repos, mais sur la gauche, quand je le vois brusquement faire un écart et redescendre un poil pour finir par poser à son tour le pied au sol à peine un mètre au-dessus de ma position. Il n'aura pas le record cette année. Nous reprenons notre souffle quelques instants puis remontons en selle pour voir jusqu'où l'on aurait pu espérer aller. Le caméraman qui se trouvait un peu au-dessus nous suit, n'ayant pas vu notre pause effectuée plus bas. La montée est plus cool sur 50m puis la pente redevient forte avec un sol parsemé de cailloux qu'il faut éviter absolument, tâche que j'arrive à réaliser un court instant avant de me faire avoir par fatigue ou manque de concentration. Olivier arrive à monter plus de 5m au-dessus de moi en ayant pris une trajectoire passant sur le coté, dans l'herbe, où il n'y a presque pas de cailloux. Mais il se fait avoir par une pierre en revenant sur la piste.

Je vais retrouver Alain et Loïc puis nous rentrons à l'hôtel car c'est bientôt l'heure de passer à table et je commence à avoir faim et soif. Dîner correct, en dehors des quelques pâtes insipides et baignant dans l'eau, puis au dodo car une rude journée est au menu du lendemain.

Dimanche 29 juillet 2001:

5h30 : Bip ! Bip ! Bip ! Ma montre se manifeste. Difficile de se lever aussi tôt en vacances, surtout après 15 jours sans réveil. Hop ! Debout. Rituel matinal ; Rasoir, douche, passer le museau entre les volets pour définir la tenue en fonction de l'aspect du ciel. Ciel dégagé avec un peu de brume dans la vallée. Tenue Courte. Je retrouve Alain, Loïc et Fred en bas pour le pt'i déj'. Jus d'orange, deux croissants (trop gras mais tellement bon), un café puis j'avale la moitié de mon demi-litre de 640. Fred-la-cheville-foulée est forfait, il ira quand même faire un peu de VTT on the road.

On remonte préparer l'équipement du Biker's raideur ; Barres énergétiques dans une poche, tubes de sucres rapides dans l'autre, le ChameauBak bourré à ras bords avec 2 litres de boisson énergétique spéciale pour effort longue durée (on ne sait pas à quelle distance se trouve le 1er ravito…), coupe-vent imperméable pour les éventuels changements de temps et pour ne pas se peler en attendant le départ.

Le trio de Biker's rejoint les voitures d'où nos montures sont débarquées, remontées puis préparées pour une nouvelle aventure. Compteur en place, pression des Tubeless à 2.4 bars, un coup d'huile sur la chaîne.

Prêt. Plus que 20 minutes avant le départ prévu pour 7h. On descend rejoindre l'aire de départ. Les Carroz, 1100m. Déjà pas mal de courageux attendent sur la ligne de départ. On s'impose devant, sur le coté, pour faire un bon départ afin d'éviter la bousculade du start. Le speaker rappel les consignes, énonce le menu de la journée et fait monter l'ambiance. J'aperçois l'ami Dominique de Cannondale. Nous attendons l'arrivée de l'hélicoptère de la TV. Celui-ci arrive enfin. Le speaker nous demande de décompter depuis 10 pour donner le départ. L'an dernier, les vététistes ne savaient pas compter et le troupeau s'était élancé avant le 3. Cette année, ils semblent savoir compter …4…3…2…1 et ça roule !

Un petit groupe s'élance à bonne allure, certains seront repris très tôt dans la première montée. Rien ne sert de courir…

Nous remontons la route au travers des Carroz. Je reviens tranquillement sur Alain. Le goudron se termine rapidement et l'on passe sur un chemin légèrement descendant puis remontant progressivement avant d'entrer dans le vif du sujet par un petit passage un poil plus pentu dont le terrain un peu caillouteux et légèrement défoncé a pour conséquence d'entraîner quelques dérapages/pose de pied pour certains.

La montée se poursuit par une piste de plus en plus raide, ce qui donne lieu aux premières séances de poussage/portage pour les moins entraînés. Je ne regrette pas d'avoir monté un plateau de 20 dents et une cassette de 34 dents car je passe cette première difficulté à l'arraché. La pente se calme un peu. Virage à gauche, on roule puis virage à droite et nouvelle pente bien raide. J'en monte plus de la moitié mais le terrain caillouteux n'offre pas une très bonne adhérence et ma roue dérape. Poussage sur 20m puis de nouveau en selle.

On peut maintenant rouler sur une piste plus plane, mais pour un court moment car la pente s'accentue et je me retrouve déjà sur le pignon de 34. Mes 15 jours de vacances de montagne sont bénéfiques car j'arrive à respirer assez calmement. J'ai rattrapé puis dépassé le père François FORGE, qui crache ses poumons. Il perd un capuchon de Ventoline. Serait-il asthmatique l'animal ?… Il s'accroche mais peu à peu je gagne du terrain et creuse l'écart, tranquillement sans forcer.

On monte maintenant dans un alpage puis sur une piste avec quelques passages un peu plus raides. La montée s'est effectuée à l'ombre mais les rayons du soleil commencent à rajouter des calories à celles déjà dégagées par tous les muscles en action. Nous passons sous la Tête de Cupoire avant de passer au chalet des Biollaires, vers 1820m, point culminant de notre première grosse grimpette. Belle vue.

   Un petit coup de descente rapide sur une piste large puis par un sentier plus pentu avec quelques passages nécessitant de se calmer un peu.
Le sentier devient plus étroit et passe dans un joli coin fleuri où 2 photographes de MAINDRU nous immortalisent la tronche.
Sourire.
  

Un petit coup de descente sur un sympathique sentier avec passage de ruisseau puis ça commence à monter (les pignons avec).

Dérapage de la roue arrière entraînant un pied à terre pour une courte mais intense séance de portage dans les racines et un sol meuble un peu défoncé. Plus monter.
On peut rouler entre les racines puis sur un sentier plus cool.

Peu après vient la descente, visiblement tracée spécialement pour nous par endroits, sur un étroit sentier serpentant dans un pré en forte pente.
Tout en arrière, le ChameauBak ayant tendance par moment à vouloir me passer par-dessus.
Par moment, on tente de freiner mais ça continue à descendre tout seul.

        Loïc en action

Dans ces conditions, mes COMP-S semblent offrir une meilleure adhérence en comparaison des Pythons de mes prédécesseurs. Gaffe à éviter les trous cachés dans l'herbe. Je passe deux collègues peu à l'aise dans ce passage. La pente se calme, on revient sur une piste qui se dévale rapidement. Oups ! Freinage d'urgence pour éviter une ornière et repasser au centre du chemin. Balisage où es-tu ? A droite dans le pré. Pas de trace, je rentre dans une demi conduite bétonnée qui descend rapidement avec quelques pierres à éviter. Ralentir, fin de la rigole en béton. Remonter sur l'herbe et poursuivre la descente dans le pré en forte pente avec des cailloux planqués dans l'herbe. Le relief se calme, pour le moment on s'est bien amusé. On remonte un peu, dans un chemin ombragé que nous avons du emprunter en descente l'an dernier.

Nous passons sur une route, au niveau du Plateau de Saix, à Samoëns 1600. Ambulance de pompiers attendant le client. Bonjour messieurs. Descente dans les bois puis on débouche sur la route. Longue descente - chiante et sans intérêt - sur la route pour arriver dans la vallée à Samoëns où se trouve un premier ravito. Courte pause, moins d'une minute, sans lâcher le spad. Un quartier d'orange, un verre de boisson X et en route. J'aperçois Loïc qui arrive au ravito lorsque je passe sous le pont.

Nous suivons le Giffre un bon moment, d'abord sur un petit sentier avec quelques racines puis sur de larges pistes planes et rapides où l'on roule sur la plaque avec un petit groupe. Je retrouve l'ami Dom'Cannondale à ce moment. Il est perché sur son Raven. Passage de la passerelle permettant de traverser le Giffre. Très beau coin. De la brume semble flotter au-dessus des eaux. Nouvelle portion de piste large puis le chemin rétrécit pour cheminer près de Morillon en sous-bois avec quelques passages de racines et des Pif-Paf bien sympathiques.

Mais le temps du repos est terminé et passé Morillon nous voilà à nouveau en train de repasser sur le plateau intermédiaire, puis sur le petit avec l'amorce d'une nouvelle montée sévère. La motivation de certains semble s'être émoussée car les séances de poussage/portage sont de retour, l'ami Dom' qui montait si bien s'est aussi mis à la marche. Le Pédalator ne cède point et se joue du terrain en poursuivant inlassablement la montée. Celle-ci s'effectue à l'ombre dans un sentier longeant la Perrière, un petit torrent, pour notre plus grand plaisir. Après une bonne partie raide, la pente redevient acceptable et l'on chemine maintenant sur des pistes plus roulantes. Nous suivons maintenant l'itinéraire de l'an dernier. Je reconnais le début d'une nouvelle portion plus raide. Commence à faire chaud. Trop raide et plus d'adhérence. Pied à terre sur quelques mètres avant de retrouver une portion plus roulante.

Succession de quelques passages bien raides qui se passe sur le vélo, mais à l'arraché sur le bec de selle, puis la pente redevient plus sympa. On commence à descendre dans un chemin bordé d'épilobes. Joli, mais faire gaffe aux pierres cachées sous l'herbe encore humide de rosée. La courte descente se termine et il faut déjà songer à remonter, mais pas pour longtemps car je reconnais le passage; nous arrivons au ravito de la Croix d'Agy. Encore un effort et j'aperçois la tente. Pas grand monde, seulement deux vététistes. J'ai pas du beaucoup traîner.

C'est le moment de respirer un peu et de bien reprendre des forces car la vraie montée commence après…

Remplissage du DosDeChameau. Pas mal le ravito cette année; Les organisateurs semblent avoir pris en compte les demandes des participants de l'an dernier car en plus du pain d'épice, des oranges et du très bon petit pain aux raisins on trouve cette année du saucisson et de la tome de Savoie. Il y a même de la boisson énergétique Hi-Tense pas très sucrée et bien agréable au goût. Un bon point. C'est quand même moins riche qu'à la Free-Ride.

Loïc arrive quelques minutes après moi, alors que je reprends des forces. Philippe, un ancien Biker's portant encore notre beau maillot, arrive peu après. En forme l'ami ! Dom'Cannondale arrive à son tour, bouffe un peu et repart illico.

Douze minutes plus tard, Loïc et moi remontons en selle. Nous cheminons tranquillement sur une large piste, plate par moments, mais parfois agrémentée de quelques passages plus nerveux. Un coup de rapide descente avant d'attaquer le début de la remontée. Le parcours des Experts rejoint le parcours Extrême à ce moment.

Une bonne montée, les plaques rouges sur le vélo, les oranges à pied puis nous évitons un passage raide et gras de l'an dernier en le contournant par une piste moins hard qui se monte plus cool sur le spad. La montée se poursuit sur une large piste où nous doublons pas mal de marcheurs. Pourtant ça se monte sur le spad si on y met de la bonne volonté…

Pédalator fait la pause sucres rapides     Nous arrivons maintenant au pied de la vraie difficulté, la montée finale vers la Tête du Pré de Saix , au-dessus des 2000m.

Petite pause devant le mur pour souffler un peu et absorber un tube de sucre rapide. Nous allons devoir affronter trois paliers successifs bien raides.

Loïc s'élance, je le suis. Alain arrive au moment où nous attaquons l'avant dernier palier. Nous montons en vélo, lui aussi vite à pied. Dernier passage. Tout le monde sur le spad. Alain décroche en premier. Loïc continue quelques temps avant de se mettre aussi à la marche. Mon plateau de 20 dents me permet de monter encore 100m puis la fatigue aidant j'opte à mon tour pour la solution pédestre. Une bonne centaine de mètres à pousser et nous arrivons enfin au Ravito de la Tête du Pré de Saix. Il est presque 11h30. Pas de biquette cette année mais une très belle vue sur le paysage avec un Mont Blanc bien dégagé à ce moment. Le Talki d'un bénévole crachote un message annonçant que le premier vient de passer le Col de Frête, donc 20 bornes devant nous !

    Un coup d'eau sur la tronche pour rafraîchir et faire baisser la température de la bouilloire. Le pied.

Alimentation sommaire; pas très faim.

Bien boire.

On aperçoit une dizaine de vététistes en train de remonter la pente en face. Bougez pas les gars, on arrive bientôt.

Huit minutes plus tard, nous remontons en selle pour commencer la descente rapide, mais courte, sur la large piste menant au Col de Vernant à 1850m. On profite de l'élan pour grappiller quelques mètres d'effort en moins dans le début de la remontée vers Les Grands Vans. Petit plateau de retour en action, passant de 52km/h à 3.8 km/h. Cinq minutes de montée puis vient un passage trop caillouteux peu propice au roulage. Poussage sur 10m puis retour en selle. Je roule à nouveau, Alain marche à nouveau. La montée se poursuit sur une pente un peu moins forte.


  Alain est vite remonté sur son spad...
  Loïc parvient au sommet des Grands Vans, à 2170m, puis je le rejoins à mon tour après un final un peu plus raide qui voit Alain de nouveau pédibus.

Loïc sort l'appareil photo pour fixer le Alain sur la pellicule avec le beau paysage en arrière plan, mais trop magnanime il lui demande d'essayer de remonter sur le vélo avant…

Ces 50 premières bornes regroupent la partie la plus importante de montées du parcours et maintenant vient le temps de la descente vers Flaine qui se trouve 560m plus bas. Cette descente se fait sur une large piste de ski dont le sol est parsemé de pierres fuyantes, donc négociée avec prudence, et n'offre pas beaucoup d'intérêt. J'aurais préféré, tout comme Loïc qui fait la descente juste devant moi (on a encore largué Alain…), de redescendre par un petit single serpentant dans les bois ou dans les Alpages. Dix minutes plus tard, nous parvenons à Flaine où se trouve le ravito. Pas grand monde. Alain arrive à son tour, puis le père Dom'Cannondale qui s'est gouré à un moment et s'est retapé une partie de la descente du début.

Pause miam/glou-glou au soleil durant 10 minutes. Alain ne semble pas motivé par la montée puis redescente aux grandes platières. Il va nous attendre ici alors que Loïc, Dom, moi et un compagnon de route montons dans le téléphérique qui va nous emmener en moins de 12 minutes aux Grandes platières, à 2430m. Nous traversons les nuages, on n'y voit rien puis ça se dégage à la gare d'arrivée. Température en baisse, coupe-vent sur le dos.


Les Platières

Pédalator amorce la descente des Grandes Platières
   Pédalator au sommet des Platières
  En selle ! On roule sur une mer de gros cailloux.
Pas bien longtemps, car un premier névé se présente. Tentative de roulage dessus mais la neige est trop molle et ça tourne dans du beurre.
Marche forcée sur quelques dizaines de mètres, les pieds au frais puis on roule à nouveau sur la caillasse sur 100m avant de se retaper un nouveau névé.
Le scénario se reproduit plusieurs fois. Il y a beaucoup de neige cette année.
Le père Dom' se paye une glissade et s'étale dans la neige.
Nouveau névé plus long, le balisage nous envoie sur la droite alors que le chemin est visible en face. On suit bêtement pour s'en rendre compte après.
Nous parvenons sur le chemin enneigé en son milieu mais permettant de rouler sur les bords.
Par contre, coté freinage, c'est plus ça.
La gomme des patins des V-brake, qu'ils soient AVID ou SHIMANO n'est pas en bon terme avec la neige et il va falloir à Loïc et moi au moins 500m avant de retrouver un freinage presque normal alors que nos deux compères en frein à disque ne semblent pas perturbés par l'or blanc.

Nous abordons la descente qui va nous ramener à Flaine via la piste très empierrée qui part sous Tête Pelouse pour passer par Balacha. Une dizaine de renvoi d'eau nécessitent une attention soutenue lors de la première partie de la descente car certaines de ces ornières bien creusées peuvent faire décoller un étourdi ou provoquer une crevaison par pincement (m'en fout because Tubeless).

  Loïc sortant des nuages
  Loïc sortant du brouillard au sommet des Platières

Nous revenons sur l'un de nos compères de route que nous dépassons avant d'arriver sur Flaine. Une rapide portion de goudron puis nous parvenons au contrôle où Alain nous attendait. Nous repartons ensemble.

Descente rapide sur l'herbe puis petit coup de cul montant avant de redescendre par un chemin en descente menant au Lac de Flaine où l'on rejoint un sympathique sentier parsemé de cailloux enfoncés dans le sol où le ToutMou est bien appréciable. Je suis Loïc qui ouvre la voie. Personne devant. Pendant quinze minutes nous remontons les 80m de dénivelé à bonne allure, sans avoir besoin de mettre le pied à terre malgré quelques petits passages techniques, et nous rattrapons le père Dom' avant d'arriver au Col du Cou. Déjà plus d'Alain en vue. La descente vers le Col de la Frête commence, dans un sentier bien sympa longeant la paroi rocailleuse avec ce qu'il faut de racines, de cailloux, de petites marches et de passages avec le vide sur la droite. Nous rattrapons quelques vététistes en séance pédestre. Le père Dom' s'évade à nouveau. Je suis Loïc mais des erreurs de trajectoire m'obligent à poser pied pour me rattraper par deux fois. Un passage bien humide, sur des pierres rendues glissantes, est jugé trop chaud et nous marchons sur 20m avant de remonter en selle.

Pédalator sur la passerelle peu avant l'arrivée sur la piste des Timalets    

Nous parvenons à la Colonnaz où une large piste permet de se reposer un peu.
Cela monte doucement jusqu'à ce que l'on revienne sur la route D106 montant vers Flaine.

Un passage permet d'admirer la vallée en contrebas par une vue plongeante bien impressionnante.

Loïc trés concentré au passage de la passerelle
    Loïc trés concentré au passage de la passerelle
 

Il faut maintenant remonter un peu sur la route, en plein soleil, puis par un petit chemin menant sur une passerelle qui nous amène par un chemin à mi-hauteur de la piste des Timalets où nous pouvons redescendre vers les Carroz. Un peu de route au travers du village et nous parvenons, sous le soleil, sur l'aire d'arrivée à 13h39 pour l'ultime pointage. De charmantes hôtesses nous offre une canette d'AQUARIUS, une nouvelle boisson du groupe Nestlé.

Nous papotons un peu avec Dom' qui se fait mettre en boîte par le speaker car il avait parié arriver avant midi. Il a juste 1h40 de retard…

Alain arrive un quart d'heure après, alors que Loïc et moi reprenons quelques forces au ravito d'arrivée (un peu radin à mon goût ce dernier ravito). Malgré son beau TouMou tout neuf il se fait encore larguer dans les descentes…

Nous remontons ensuite à l'hôtel pour une douche bienfaitrice avant de redescendre se balader dans le salon et regarder la démo de Trial, histoire d'attendre les 18h30, moment où nous pourrons goûter à la tartiflette. Quelques gouttes tombent épisodiquement malgré le ciel bleu, rien d'alarmant. Par contre, dans les sommets ça se couvre et le tonnerre gronde. Certains vététistes qui arrivent seulement maintenant ont écopé de la pluie sur la fin du parcours.

Nous prenons place dans le début de la file d'attente en attendant l'ouverture. Sage précaution lorsque nous verrons la longue file d'attente une fois notre repas achevé. C'est enfin l'heure des fauves. On chope un plateau, un set de couverts plastoc, un yaourt, un peu de salade verte puis chacun passe près des grandes poêles où mijote depuis bien longtemps les ingrédients de la tartiflette ( reblochon, patates, lardons ) pour recevoir une louche (une seule) de la mixture. Puis nous prenons place à l'ombre du chapiteau pour avaler notre pitance. L'affaire est vite réglée et nous retournons à l'hôtel où un vrai dîner comblera les grandes faims.

Alain, Loïc et moi redescendons en voiture vers 21h pour assister à la projection du film de la journée. Le chapiteau est plein et le groupe des Choucas met l'ambiance alors que les participants se partagent le très grand gâteau confectionné spécialement pour l'occasion. Des clips de pub des sponsors défilent sur l'écran géant. Un tirage au sort est organisé où des lots offerts par les sponsors sont distribués. Puis c'est le générique de début. Le silence se fait et chacun savoure les images de la journée. Cela commence par la montée impossible avec pas mal de rires lorsque les prétendants s'écroulent ou lorsqu'un groupe reconnaît l'un des siens. Viennent ensuite les images prises par les caméramans disséminés le long des différents parcours et par l'hélicoptère. Quelques timides Ouhhh! émis par les plaques rouges (parcours Extrême) ponctuent les moments où l'on voit des vététistes remontant les pentes sur les télésièges. Chaque gamelle filmée est chaudement applaudie tout comme l'image d'un très jeune vététiste. Vient un rapide passage où nous reconnaissons les couleurs du Biker's portées par Loïc alors que nous roulions sur la piste après la Colonnaz. Le film se termine, la nuit est tombée et chacun retourne dans ses quartiers, nous avec en remontant vers l'hôtel.

Lundi 30 juillet 2001:

Le ciel est bien dégagé. Un bon petit déjeuner nous aide à combler la faim engendrée par nos efforts de la journée précédente.

Je dépose Loïc au garage pour qu'il puisse acheter un gros bidon d'huile car il n'en a plus une goutte dans sa voiture par suite d'une fuite. Le garagiste nous conseille de passer à la concession aux chevrons située à UGINE. Peine perdue, pas de pièces et pas le temps d'y regarder. Nous irons donc à celle de Saint Michel de Maurienne où un gars sympa jette un œil et demande à son mécano de resserrer deux vis. En voyant sa clé tourner plusieurs fois, je pense que la source de la fuite se trouvait bien à cet endroit. Un coup de nettoyeur haute pression pour retirer l'huile disséminée sur le moteur et nous reprenons la route en direction de Valloire où nous nous reposons en nettoyant les spads avant d'aller faire une petite séance de décrassage de 14 bornes en vélo de route entre Valloire et le Col du Télégraphe.

Week end bien sportif avec météo clémente, bonne ambiance et organisation ayant fait de réels progrès cette année. On reste quand même sur notre faim au niveau du parcours jugé peu ludique.

   Pédalator   08/08/2001

 


Profil du parcours Extrême



Les données de pédalator

  POLAR P. Brain
Temp roulé : 5h42' 5h21'
Temp total : 6h45' -
Moyenne: 12,5km/h 12,9km/h
Distance: 71,1km 69,3km
Vitesse max.: 55,6km/h 56,6km/h
Dénivelé: +3560m (dont 850 en télécabine) nombre débile
Départ: 7h04' -
Arrivée: 13h47' -

 Fichier POLAR Xtrainer+01072901.hrm

 Pneux :
       AV : SCHWALBE Jimmy Light Tubeless , 2.1", gonflé à 2.4 bars.
       AR : MICHELIN Comp-S Tubeless , 1.95", gonflé à 2.4 bars.
       0 crevaison !!!


Les Chiffres de cette 8ème édition
Source VELO VERT

 Participants : 3406   (soit 665 vététistes de moins que l'édition boueuse de l'an dernier)
     * Extrême  :   358
     * Expert     : 1123
     * Sportif     :   998
     * Relax      :   927


Dernière mise à jour : jeudi 13 septembre 2001 19:50

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