La Megève - Mont Blanc

CycloSportive 133km

01/09/2002 - Megève (74)


Je débarque sur cette Cyclosportive avec peu d’envie. Mes longues vacances sportives ont fini par m’user plus psychologiquement que physiquement.
J’en ai marre d’aller à droite et à gauche, de dormir dans ma voiture ou sous la tente…
Mais je ne me fais pas trop de souci : une fois lancé, je pense que j’aurai retrouvé l’envie.
Cependant, vu mon extrême motivation exacerbée par une petite pluie matinale, je zappe quelque peu l’échauffement.

De toute manière, en passant devant la ligne de départ une demi-heure avant le coup de pistolet, j’aperçois Gilles qui est déjà positionné non loin de la barrière qui sépare les concurrents lambda aux dossards prioritaires. Je le rejoins donc, non sans l’avoir réconforté quant au temps probable qu’il est capable de réaliser. Je lui prédis une performance largement au-dessous des 5 heures (il fera aux alentours des 4h45 : les entraînements vexinois avec les deux mobylettes ne peuvent être que payants ! ! !). On s’échauffera dans le faux plat descendant du départ…

Le départ est donné. Il ne fait pas chaud et la route est humide bien que la pluie ait cessé. Je me fais doubler par quantité de cyclos et rapidement je ne vois plus Gilles déjà loin devant.
Cependant le premier col, le Col des Saisies, va rapidement remettre les pendules à l’heure. Je reviens de suite sur Gilles qui a du mal à se mettre en jambes. Je remonte inexorablement la file des participants. A quelques centaines de mètres du sommet, c’est Marilyne Texier que j’ai en point de mire.
Nous effectuons la descente dans un petit groupe avant d’entamer derechef le Col des Aravis.
Dès les premiers lacets, vers la Giettaz (où ça devient réellement un col !), je m’extirpe au train, peu après trois gars, de ce groupe. Derrière, trois autres personnes se trouvent à deux cents mètres.
Je récupère un gars et nous effectuons quelques relais avant que je le lâche un peu plus loin.
Au col, je suis aux alentours de la 55ème place.
La descente est plutôt dangereuse étant donné l’épais brouillard. Je ne prends aucun risque.
Dans les gorges, nous nous retrouvons à trois pour rallier le pied du Col de la Colombière.
L’un des coureurs – qui était revenu sur moi dans la descente – prend les devants tandis que l’autre, au contraire, décroche. Je reviens dans ce faux plat montant sur un autre coureur, un élite, avec qui je discute un peu.
A Chinaillon, la pente s’accentue et mon acolyte me prend alors quelques longueurs. Je monte à mon rythme pas si lent puisque je reprends quelques hommes (en perdition ?). A 1,5km du sommet, je reviens sur Denis Moretti (l’élite) et nous finissons ensemble – et en discutant – le col.
Ici j’ai sans doute fais une erreur car un groupe de dix coureurs se situait pas loin devant et je pense que si on n’avait pas discuté, je serais probablement revenu sur eux plus tôt.
La prochaine difficulté, la côte de Romme, débute directement après la descente. Ayant lâché Denis dans la descente (décidément il n’avait pas envie de se faire mal ! ! !) j’escalade seul cette difficile côte, le groupe dont j’ai parlé précédemment étant à une trentaine de secondes dixit un spectateur.
Sur le haut, je commence sérieusement à faiblir. Un coureur revient alors sur moi et me donne un sacré coup de main pour terminer le dernier kilomètre dur.
Sur le plat avant de basculer, il m’attend un peu, histoire que je retrouve tous mes esprits…
Pour une fois c’est moi qui fais la descente, mon compagnon étant encore plus mauvais descendeur que moi ( j’ai fais de gros progrès tout de même).
Dans la vallée, je lui signale qu’un groupe se trouve quelques secondes devant et qu’il serait bien de revenir sur eux pour les vingt kilomètres de plat qui vont suivre.
C’est au prix d’un effort assez violent (pour moi en tous cas) que nous revenons sur ce groupe (la conséquence de l’erreur constatée plus haut est ici. Car j’ai fais un effort important que je vais payer dans le final…). Ce peloton ne roule pas fort et quelques-uns zappent les relais. Néanmoins nous restons groupés jusqu’à trois ou quatre kilomètres de la fameuse côte de Domancy. En effet à la faveur d’une légère déclivité positive où je suis en tête, nous nous retrouvons à quatre dont mon « ancien compagnon » (même pas fais exprès de faire exploser le groupe…).

Cette côte de Domancy est vraiment terrible. Comme à mon habitude je la commence assez fringant. Malheureusement je la termine beaucoup plus mal (10 à l’heure) non sans avoir repris une bonne dizaine de concurrents. Le gros point noir, c’est surtout la suite. En effet le final se compose de dix kilomètres de faux plat montant où il faut emmener un gros braquet ce que je suis absolument incapable de faire durant un bon moment. Du coup une bonne dizaine de coureurs me repassent sans que je puisse les suivre. Seul, la difficulté est d’autant plus corsée. Ce dont je me rends compte à trois ou quatre kilomètres de la fin : deux gars reviennent sur moi et là je prends les roues. J’ai largement eu le temps de me refaire une santé lorsque l’un d’eux attaque. Je reviens sur lui et le contre presque aussitôt sans qu’il puisse me suivre. J’en termine enfin en 4h27mn.

De bonnes sensations en fin de compte. Sans doute qu’avec un meilleur départ (et surtout un dossard un poil mieux ! !) j’aurai réalisé une performance plus intéressante.
Je n’ai, tout de même, aucun regret et surtout pas celui d’être resté une semaine de plus dans la région (ce qui n’était pas gagné sept jours plus tôt…). Ce doit être, en plus, un superbe parcours.
Nous n’avons pas pu l’apprécier tant le plafond nuageux (mais pas de pluie) était bas : je n’ai pas vu le Mont Blanc par exemple. Le brouillard à couper au couteau dans chacun des cols met aussi une drôle d’ambiance… En outre, je monte pour la première fois de ma vie sur un podium (et l’air de rien, ça me fait super plaisir) puisque, avec Eric et Marilyne (seuls les trois premiers de chaque club sont pris en compte), nous réalisons le troisième temps par équipe avec en outre la super performance d’Eric (10ème au scratch derrière un paquet d’élite) et l’habituelle victoire de Marilyne dans sa caté (avec un temps aux alentours de 4h35).

Loïc


Dernière mise à jour le 04/11/02