Cette année,
j'avais prévu de descendre au Salagou pour faire la
rando de 100 bornes du raid SFR puis d'enchaîner le
lendemain par la course de 60km, mais la lassitude de fin
de saison en a décidée autrement. Les longs trajets en
voiture et les efforts accumulés sur toutes les longues
distances où je me suis déplacé cette année 2002 se
traduisant en cette fin de saison par une saturation,
effet classique déjà constaté les années
précédentes.
Finalement, ce n'était pas plus mal car j'apprenais par
la suite que la rando longue distance du Raid Salagou
était finalement ramenée à 55km; pas de quoi traverser
la France pour faire 50 bornes.Étant originaire du Mans, expatrié
dans les Yvelines depuis 1989, j'ai toujours un petit
faible pour l'épreuve de la Gamelle Trophy organisée
de mains de maître par Tourisme et Aventures dans la belle forêt
de Sillé, où j'ai l'habitude de me promener avec mes
parents à chaque fois que je reviens au Mans [ Rillettes, 24 Heures
du Mans Moto/Auto . . . ].
Début juillet, je décidais donc de m'inscrire à
nouveau sur la course de 55km et Mary sur le 40km;
Quelques Biquets venant s'ajouter au wagon; Emmanuel,
Yann, Pascal, Dominique et Patrice.
La Gamelle rencontre toujours un vif
succès et l'organisateur est obligé d'en limiter le
nombre de participants afin de permettre à tous de
rouler dans de bonnes conditions, la protection du massif
forestier de Sillé en dépend et les petits sentiers de
cette ilot de verdure ne sont pas adaptés à la sur
fréquentation, celle-ci ayant pour effet de causer des
engorgements au moindre passage un peu technique. Quoi de
plus frustrant que de devoir monter ou descendre à pied
là où ça passerais sur le VTT quand il n'y a personne
devant vous.
Les inscriptions étant limités à 2500 participants,
dont 500 places pour la compétition - sans possibilité
de s'inscrire sur place - la 'course' commence bien avant
le jour J. Afin de s'assurer une bonne place, il faut
savoir être rapide et s'inscrire assez longtemps à
l'avance pour être bien placé sur la ligne de départ.
Fin août, il y avait déjà 1910 inscrits, dont 360 en
course.
Ce samedi 28 septembre, le quota des 2500 était une
nouvel fois atteint, près de 600 vététistes se voyant
refuser leur inscription à l'édition 2002 de la Gamelle
Trophy.
Cette année, il y
avait aussi une course dans la course . . .
Ayant 'déposé' comme il se doit la joyeuse bande des
Koyotes au scratch général de la Transmaurienne,
Pédalator leur avait lancé un défit sur la Gamelle
Trophy pour
qu'ils tentent d'y prendre leur revanche. Force est de
constater que la mobilisation fut grande dans leur rangs
pour relever ce défi, générant un trafic de mails
particulièrement intense entre nos deux clubs ainsi
qu'au sein de leurs troupes. Tout y passait ; intox,
provocation, moquerie, raillerie, tout cela dans une
bonne atmosphère de franche camaraderie. En résumé,
ça allait ch... ce jour là où le mot d'ordre était ;
Sus aux Biquets !
Mais le Koyote est lent à la détente et coutumier des
inscriptions tardives. . .
Heureusement que Pédalator, dans sa grande bonté et
grâce à son réseau de connaissances vététistiques,
était là pour sauver certains retardataires dont le
bulletin d'inscription - une 1ère fois rejeté - pris
finalement le chemin de la liste définitive des
engagés. Et une tournée générale pour Francky !
La météo des
jours précédents ayant été particulièrement
clémente, c'est une nouvelle édition poussiéreuse de
La Gamelle qui nous attendait dimanche.
Dimanche 29/09
Levés à 8h, un bon petit déjeuner avalé, Mary et
moi quittons Le Mans vers 10h pour rejoindre
tranquillement Sillé.
Ne voulant pas me retrouver au parking imposé avant
l'arrivée au Lac de Sillé ( histoire de s'économiser
plusieurs centaines de mètres de marche ), nous
bifurquons juste avant Sillé pour suivre les petites
routes à travers la campagne sarthoise et parvenons
ainsi juste au départ où je gare ma Pédalatoromobile
au parking 'invités'.
Nous passons
récupérer nos plaques de cadre. En cadeau, le Tee-shirt
de la Gamelle Trophy. Pas un collector celui-la; blanc,
écritures rouge dans le dos. En plus, on nous donne un
XL alors qu'un S ou M serait plus adapté à notre
gabarit.
On passe faire un tour au stand Carbu'Form, goûter les nouveaux
parfums de leurs boissons énergétique. J'en profite
pour y récupérer le solde de ma commande, du Carbu'Tonique parfum cerise.
On fait un petit tour rapide sur les stands des
partenaires, puis nous retournons à la voiture nous
préparer.
Il me reste 40 minutes pour m'échauffer avant la mise en
grille.
Nous remontons la route forestière goudronnée menant à
Roche Brune. Moulinage, petites accélérations.
Le parcours traverse cette route à trois reprises, des
randonneurs se baladent encore dans la forêt à une
allure bien plus tranquille que la horde de furieux qui
fusera au même endroit dans quelques heures.
Arrivé à Roche Brune, je jette un coup d'oeil au
balisage. Le ravito est en place, tout en haut au bout de
son raidillon.
Demi-tour, il est temps de rejoindre le départ.
Un véhicule de l'organisation, sirène hurlante et
gyrophares en action, remonte la route à vive allure -
un peu trop rapidement - vers le lieu de départ. Peu
après, c'est une ambulance qui nous dépassera.
Le soleil brille
bien fort et la température monte.
Je discute avec quelques connaissances.
Les feuilles mentionnant les numéros de lignes sont mis
en place. Chacun tente d'y retrouver son N° de dossard.
Chouette. Je suis, cette année encore, en première
ligne. Merci Ludo. Moins de bol pour Koyotes & Cie
dont certains se retrouvent en 6ème ligne. Pour eux, ça
risque de bouchonner grave à la première racine de
travers.
Les compétiteurs se pressent aux entrées de ligne. Un
dernier bizou d'encouragement puis j'entre dans l'arène
et me place le nez contre la banderole de départ,
côtoyant ainsi cadors et mollets affûtés.

J'aperçoit Seb,
placé en 2 ou 3ème ligne malgré son dossard 31 et sa
bonne place de l'an dernier.
Dans les spectateurs, Faby et Phil' qui ont fait la rando
du matin.
Dernières
consignes d'avant départ. Les photographes de la Presse
immortalisent la ligne de départ, gros téléobjectif en
action. L'un d'entre eux s'attarde dans ma direction.
Sûrement pour égayer son cliché avec notre beau
maillot.
La TV est aussi de la partie avec FR3. On passera
peut-être aux infos régionales.
Plus qu'une minute. Préparez l'enregistrement du POLAR,
Raz du compteur. Respirez à fond. Concentration.
La corne retentie
! La meute s'élance. Des avions.
Les cadors sont déjà 50m devant. Ca me passe en trombe
à gauche te à droite. On roule 50m avant d'entrer dans
le bois où l'on tourne à gauche, un mur de poussière.
On n'y voit rien, pas top pour éviter les racines.
Le cardio est passé de 95 à 174. Maintenant il faut
garder l'allure pour aborder les premières difficultés
techniques où l'engorgement est toujours possible.
J'entend un reniflement dans mon dos, ça doit être Seb;
j'ai déjà entendu ce bruit caractéristique plusieurs
fois lors de la Transmaurienne.
Grande allée avalées à donf' sur la plaque, nuage de
poussière, une petite goulée de liquide pour rincer
cela.
Première descente, un poil caillouteuse, ça
tabaaaaaasse. Pas de problème de ralentissement, on
remonte déjà, un long faut-plat.
Plus loin, dans une légère descente encaissée au sol
mou, je rate ma trajectoire et file droit la où ça
risque de moins bien rouler. Ralentissement. Seb me passe
à ce moment. Je le garde à vue, ne lui laissant pas
plus de 50m d'avance.
Le troupeau ne s'est pas encore bien étalé et il ne
faut pas traîner dans les sentiers étroits.
Passage dans les pins, Seb se gourre ce qui le force à
marcher sur 25m dans la bruyère. Je le repasse.
Il y a toujours autant de racines dans cette forêt. Dans
un sentiers étroits entre les arbres, le gus de devant
moi s'y laisse prendre, m'obligeant à trop ralentir. Je
passe bien les 2 premières racines, mais la 3ème - la
plus belle - stoppe illico ma roue avant. Relance.
De beaux singles serpentent entre les arbres, on
virevolte dedans en prenant appuis dans les virages,
quand le gus devant roule assez vite.
Je retrouve Seb, qui m'avait repassé; il est en train de
bidouiller dans son dérailleur arrière.
Plusieurs petites bosses permettent de clarifier enfin
les rangs, toutes se passent sur le plateau
intermédiaire à ce moment de la course où l'on est
encore frais. Pour d'autres, c'est déjà à pied.
Le parcours semble emprunter de nouveaux chemins bien
sympa. Inépuisable cette forêt.
Au bout de 12,7km, nous revenons vers l'aire de départ,
où après avoir traversé une zone de petites buttes et
de virages serrés, nous repassons sur la ligne de
départ. Je TOP l'instant sur le POLAR; presque 38
minutes à 20,3km/h de moyenne.
Maintenant il faut
gérer la distance et garder un rythme rapide. Les
manchettes sont de trop; hop, enlevées.
Les rayons du soleil traverse difficilement le feuillage
dense, mais l'ombre est la bienvenue.
Les singles
défilent, les chemins qui tabassent se suivent, quelques
allées roulantes permettent d'envoyer la plaque et
tenter de revenir sur les prédécesseurs ou de se
reposer un peu, mais c'est instant sont bien rares.
De belles descentes rapides, d'autres plus courtes et
techniques, dont une en forte pente dans de la terre de
bruyère où je préfère assurer en terminant le final
à pied.
Le parcours est toujours aussi physique et je ne regrette
pas le Tout-suspendu.
Je me suis un peu calmé, laissant ainsi filer le jeune
Seb devant.
A deux reprises je vais rencontrer des problèmes de
passages de petit plateau, juste au début de belles
bosses. Va falloir que j'y remédie avant de partir la
semaine prochaine pour faire le ROC MARATHON.
Les jambes
tiennent, je commence à remonter quelques coureurs
partis un peu trop vite. La succession de bosses est
redoutable ici, celle qui mène au ravito situé non loin
de Roche Brune est pas mal du genre et beaucoup la feront
en poussant leur spad, Pourtant elle se passe bien. Je ne
m'arrête pas au ravito et file.
Vers 40 bornes je commence à sentir les cuisses. Je
baisse un peu le rythme, avale un tube de sucre rapide et
roule ainsi un petit moment avant d'en remettre un coup.
Les jambes reviennent peu à peu, ça roule.
Quelques longues remontées sur un sol souple pour bien
vous casser les jambes, d'autres où il faut savoir
trouver son chemin en zigzagant entre cailloux et
racines, des descentes en single qui se termine
brutalement par une remontée à angle droit, pilote et
machine sont soumis à rude épreuve ici.
On rattrape des
randonneurs, ce qui est parfois gênant dans les singles
étroits où l'on doit user un peu d'énergie pour faire
les bordures si l'on ne veut rester coincé trop
longtemps. C'est dommage de devoir ainsi cohabiter sur
les chemins; pour eux qui voient défiler sans cesse les
furieux, pour nous qui sommes bloqués ou ralentis dans
certains passages, au risque de parfois aller au tapis
suite à une réaction incontrôlée.
Mais dans l'ensemble, ça se passe pas mal et si l'on
sait rester patient, la plupart s'écarte pour laisser le
passage aux furieux.
Tiens un maillot
de Biquet en vue, c'est Mary qui termine cool son 40km.
Elle me crie au passage que Seb est à près d'une minute
devant à ce moment.
Un gus pas
rassuré en redescendant de Roche Brune me gêne un peu
dans la descente, pas grave ça remonte plus loin bien
sec et adieu le boulet.
Je passe tous les raidillons sur le vélo, cible des
photographes postés à ces endroits stratégiques.
Après l'étang de
Molières, un passage au bord du grand étang, on aborde
un petit raidillon où les spectateurs sont massés. Je
passe sur le vélo, d'autres à pied. Un spectateur de
s'exclamer : "regarde, y'en a un qui monte aussi
vite en courant que l'autres sur son vélo". Oui,
mais en haut de la bosse, le gus qui montait à pied
s'est fait mettre une dose au moment où j'ai rembrayé
au sommet. Adieu.
Un chemin, un
virage à droite et . . . fichtre ! A pied tout le monde.
Le mur, terre et herbe. Même pas la peine d'essayer.
Marchons doucement, évitons de faire apparaître les
crampes.
On se rapproche de l'arrivée, je reconnais quelques
passages de la boucle initiale, une belle bosse en
particulier.
Encore un beau
single en légère descente, des randonneurs ou des
coureurs du 40 km à doubler. A trois bornes de
l'arrivée, alors que je file le train à un autre
concurrent, nous arrivons à la hauteur d'un vététiste,
portant un maillot de Tourisme & Aventures, roulant
tranquillement. Mon prédécesseur lui lance un "à
droite" et le passe. Je lance un "pareil",
tente de passer sur sa droite, mais celui-ci se décale
tout à coup à droite, m'obligeant à piler ce qui
m'envoie illico au tapis. Vol plané 2m. Pas de bobo,
tout va bien. Je replace le poste de pilotage dans le bon
sens, il était à 180° le câble de frein éjecté de
l'arceau, puis je repars.
Un peu plus loin, je repasse sur une allée le causeur de
trouble, m'excuse au passage, et file.
Voici enfin les buttes de l'arrivée, dernière ligne
droite et Ouf !
Finalement, je termine 65ème en ayant bouclé le
parcours en 2h59'. Pas trop mal. Bien rincé, ça fait du
bien quand on s'arrête. Seb est arrivé un peu plus de
sept minutes avant moi. Pas assez de longues bosses et de
distance pour que j'arrive à le reprendre.
Le ravito d'arrivée est pris d'assaut. J'avale godet sur
godet de jus d'orange, mange un bon paquet de quartiers
d'orange, un petit pain au chocolat.
Les autres Biquets
arriveront ensuite, Emmanuel pas très loin derrière
moi.
Les Koyotes arriveront ensuite, Damien le premier peu
après notre Emmanuel, les autres bien loin.
Défit relevé : Les Biquets ont gagnés ! Et une 2ème
tournée pour les Koyotes !
Sillé plage se
vide, les infrastructures sont en cours de démontage,
plus grand monde mais quelques vététistes
continuent d'arriver encore.
Nous quittons Sillé pour remonter vers la région
parisienne, où les bouchons de retour de week end
nous attendent.
Reste plus qu'a récupérer avant de descendre à Fréjus
samedi prochain.
La course de la
Gamelle est toujours aussi belle, un beau parcours bien
physique et technique au dénivelé important,
tracé à 99,9% dans une belle forêt où foisonnent les
singles-tracks. L'organisation est bien rodée, le
balisage efficace et respectueux de la nature.
Pédalator 29/09/2002
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